Ça fait toujours du bien une pause, peu importe la raison. On réalise ce qui nous manque, que les bénéfices dépassent largement les inconvénients. Combien de couple ont décidé de reprendre la vie à deux après une séparation de quelques mois? Combien de parents se sentent plus calmes et plus patients après une soirée de congé des enfants (d'ailleurs, il me semble que ce serait le temps de planifier une sortie d'amoureux)? Juste une semaine ou deux de vacances du travail pendant l'été nous permet d'y retourner prêt à affronter tous les défis... du moins pour quelques semaines.

C'est exactement ce que j'ai expérimenté avec la course pendant les 2 derniers mois.

Je me souviens encore de la première fois où j'ai couru. Sport à la mode, mon homme le fait avec plaisir, des amies le font, je vois des gens loin de leur poids santé qui y arrivent à leur rythme... j'imagine que je devrais m'y mettre aussi?  J'ai déjà modifié mon alimentation, je me suis mise à la marche rapide une semaine après mon accouchement, l'étape suivante ne pouvait être que la course. C'est plutôt économique si on ne se sent pas l'envie de s'équiper en vêtements de grandes marques. C'est surtout pratique avec 4 petites bêtes : on peut le faire à peu près n'importe où, à peu près n'importe quand, ça s'apporte bien en voyage. Intérieur, extérieur, tapis, piste, sentier... des possibilités à l'infini!

Pourquoi diable cette idée m'est passée par la tête? J'ai pourtant toujours détesté courir, je n'ai jamais eu un bon cardio. J'avais toujours besoin de prendre mon inhalateur quand je faisais du sport au secondaire, ça ne me donnait pas envie de pousser l'expérience plus loin. Pendant mes cours d'éducation physique, il y avait toujours quelques cours consacrés à la course vers la fin de l'année et je marchais la partie où l'enseignant ne pouvait pas me voir, je prenais des raccourcis pour qu'il ne s'en rende pas compte et je courais les 100 mètres où j'étais à vue avec la langue aux genoux. J'ai été beaucoup plus active au cégep mais je n'ai jamais retenté la course puisque nous nous étions quittés en bien mauvais terme.

Il y a un peu plus d'un an, début mai si je me souviens bien, je suis tombée sur un article dans la revue Coup de Pouce (pour ne pas la nommer!) pour des femmes comme moi, sans aucune forme physique, qui partent de nul part et qui souhaitent tenter l'expérience d'un premier 5 km. Avec l'article, il y avait un plan d'entraînement qui débutait par 10 minutes de marche, 4 fois 30 secondes de course lente entrecoupées de 1 minute de marche pour terminer avec 9 minutes de marche. Ça me semblait plutôt réaliste.  J'ai installé mon tapis roulant dans le salon (hors de question de faire ça en public, jamais!) et je l'ai mis en marche. Je ne vous dis même pas à quel point j'étais essoufflée, mon 30 secondes m'a semblé durer une éternité. Mais j'ai complété la première journée, puis la deuxième et j'ai finalement fait tout le programme pendant l'été. J'ai fait mon premier 5km en septembre. J'avais dit à tout à le monde que je ferais de mon mieux en alternant marche et course. Au fond de moi, j'avais un objectif : le courir du début à la fin en moins d'une heure. Si vous faites le calcul, ce n'est pas un grand exploi sachant qu'une marche rapide se fait à ce rythme. Mais j'ai réussi, avec mon surplus de poids, j'ai terminé dans les dernières mais je n'ai pas marché le moindre mètre ce qui était ma grande réussite personnelle.

Et puis j'ai attrapé la piqûre. Je ne savais pas encore si j'aimais vraiment la course mais ça me permettait de bouger 3 fois par semaine, de prendre l'air, d'avoir l'impression d'être en forme, de prendre du temps pour moi. Je rechignais souvent disant que je trouvais ça difficile, que je n'y arriverais pas (ça a d'ailleurs été ma résolution de la nouvelle année : ne plus me plaindre quand je cours, le faire avec le sourire). Mais ce n'est que maintenant, 1 an après le début de tout ça, que je réalise que j'aime vraiment la course. Avoir été forcée d'arrêter pendant la période de convalescence m'a fait réaliser que malgré que ce soit difficile, que je suis complètement hors compétition, ciboulette que j'aime courir.

Si je me suis sentie coupable de ne pas bouger la première semaine n'ayant jamais sauté une semaine de course depuis 1 an, la deuxième et la 3e, j'ai apprécié ma pause complètement. Je n'avais plus envie de courir, je me disais que j'étais bien comme ça, à ne rien faire. Et puis, le beau temps s'est installé et je ne pouvais pas aller en profiter. Semaine après semaine, ça m'a démangée. J'allais bien marcher mais chaque fois, mes jambes auraient voulu faire quelques foulées. Ma tête savait que je devais rester tranquille si je ne voulais pas avoir de complication. Et puis il y a 2 semaines, j'ai enfin vu mon chirurgien qui m'a donné le feu vert. J'ai jeté ma bande ventrale dans la poubelle de son bureau, j'ai sorti mes espadrilles et je suis allée courir pour la première fois. Désastreux! J'ai à peine pu courir 2 fois 200 mètres, mes articulations étaient complètement coincées! Je l'avoue, j'ai eu un coup de déprime de devoir reprendre aussi loin. Mais tant pis, j'ai bougé autrement pendant quelques jours et la semaine suivante, j'ai récidivé : j'ai amené mon lapin personnel (l'homme) pour qu'il me pousse dans les fesses un peu!

C'est là que j'ai réalisé à quel point j'aimais vraiment courir. Pas juste parce que c'est « in ». Pas juste pour me tenir en forme. Pas juste parce que ça ne coûte pas cher. Pas juste parce que c'est pratique avec les petites bêtes. Juste parce j'aime constater mes petites victoires personnelles. Juste parce que j'aime courir.

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