Ceux qui n'ont pas d'enfant n'ont sans doute jamais entendu ce terme. Ceux qui ont un nouveau-né encore tout mignon qui sourit, babille et qui découvre le monde de façon fascinante se disent que c'est un mythe qu'entretiennent les parents qui ne savent pas élever leurs enfants: le leur est tellement adorable, c'est impossible qu'un jour il ressemble aux « terrible-two » décrits dans les livres. Ceux qui ont des enfants plus grands se souviennent sans doute vaguement de cette phase. Ceux qui ont les deux pieds dedans ou qui viennent à peine d'en sortir hoche présentement la tête, ne sachant pas ce que j'ai écrit mais ayant la certitude que ce sera exactement ça!

J'en ai 4 petites bêtes. Nous sommes passés 3 fois par le « terrible two », ça ne devrait pas me prendre par surprise? Eh bien pourtant oui. C'est comme les douleurs de l'accouchement : le cerveau oublie volontairement pour ne garder que les moments de bonheur parce que sinon, nous n'aurions aucune envie de recommencer!

Vous vous dites que ce n'est pas si terrible? Je vous donne un aperçu d'un matin typique avec bébé depuis quelques semaines, bébé nouvellement entré dans la phase du « terrible two ». Tout débute au petit matin. Malgré qu'il ait en banque 12 heures de sommeil, il se lève grognon, piochant pour qu'on lui ouvre la porte de sa chambre. Quand son grand frère va la lui ouvrir, il le repousse et referme la porte et poursuit son manège jusqu'à ce que son grand frère se lasse et le laisse derrière la porte close. Évidemment c'est la crise parce que là, maintenant, il est prêt à sortir. Il faut ensuite changer la couche. Il n'a pas envie, pas tout de suite, il veut garder son pyjama, rattachant les boutons au fur et à mesure qu'on les détache. Il comprend qu'il n'aura pas le choix alors il demande que ce soit papa, pas maman (c'est que pour simplifier la chose,  il vit un complexe d'oedipe inversé). Il veut mettre son pantalon tout seul, essaie de mettre un pied, puis l'autre... dans le même trou nous repoussant du coude pour le faire tout seul alors qu'on veut juste s'assurer qu'il soit du bon côté histoire de ne pas avoir à recommencer. Maman tente d'enlever la suce subtilement mais il l'a rattrape d'une main avec une habileté déconcertante tout en vivant l'immense frustration du pantalon qui coince au niveau de la couche. Il finit par piler sur son orgueil et demande enfin de l'aide à contre-coeur pour achever la tâche. Et puis c'est l'heure du déjeuner. Il refuse les céréales, refuse l'option de la rôtie mais il veut un wrap au banane comme son frère mais nous on sait qu'il ne le mangera pas puisque c'est la même histoire chaque matin. La rôtie de maman a l'air meilleur et le bol de fruits de papa aussi et finalement, le wrap reste sur la table et papa et maman n'ont pu manger que la moitié de leur déjeuner. Enfin, il faut partir à la garderie. C'est plus doux dehors, on peut enfin omettre les pantalons de neige pour s'y rendre réduisant ainsi le temps de préparation mais évidemment, il n'est pas d'accord avec l'idée. Contrairement à nous, il n'en a pas encore marre de l'hiver. Il refuse de mettre ses bottes, il veut mettre le pantalon d'abord. Maman met les bottes de forces, puis s'ensuit un combat avec la tuque pour l'empêcher de l'envoyer valser à l'autre bout de la cuisiner ce qui lui laisserait le temps d'enlever les bottes. Manteau, cache-cou, mitaines, tout est là. Le temps d'enfiler mes souliers, il a enlevé les bottes et mis son pantalon lui-même. Une heure de passée, il en reste encore 11 dans la journée... oh et puis tant pis, j'abdique...

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