Où, pour être plus exacte: mulot des villes, mulot des champs.  Bien que nous ayons tout les deux grandis en ville  (l'homme encore plus que moi), l'appel de la nature fût très fort, les arbres, la verdure, les oiseaux... les maringouins.  Nous sommes de nature solitaire tous les deux, nous aimons avoir notre petit cocon et c'est ainsi que lorsqu'il nous a fallu déménager nos pénates et acheter notre deuxième maison, nous avons tout de suite eu envie de regarder du côté de la campagne. C'était d'autant plus intéressant qu'ici, habiter à la campagne ne veut pas nécessairement dire être à 30 minutes de voiture (ou plutôt 1h15 avec la circulation lente) des services de base.  Moi, fille de la ville qui déteste les insectes, il a bien fallu que j'accepte ce qui vient avec la campagne: les insectes, les araignées monstrueuses... et les mulots.  Parfois ils s'installent dans la maison.  Évidemment, ils ne se promènent pas entre nos jambes mais on sait rapidement qu'un d'eux tente une incursion lorsqu'un rouleau de papier de toilette (rangé à un endroit stratégique pour la cause) est grignoté ou encore quand on entend les petites pattes se promener sous le bain. Je m'imagine déjà vos poils dressés sur vos bras puisque moi aussi ça me terrorisait au début. N'ayez crainte, ça n'arrive peut-être qu'une fois par année, j'imagine qu'elles comprennent le message quand l'une d'elles ne rentre jamais au bercail!  Mais je réalise que je deviens tranquillement une souris des champs: bien que je n'aie aucune envie de cohabiter avec un mulot et que je laisse la trappe à souris à l'homme,  ça ne m'affole plus.  Si, avant, j'aurais hurlé à plein poumon en voyant un mulot trottiner dans mon cabanon et me serais encabanée pour la journée après y avoir mis le feu (bon, peut-être pas mais j'aurais au moins condamné le-dit cabanon), ce matin j'ai à peine levé le sourcil en mentionnant aux enfants de ne pas faire le saut s'ils croisaient une petite souris.

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Et si, avant, j'avais une dent contre le chat des voisins (quoique j'adore ceux-ci) parce qu'il a la manie de rôder autour des mangeoires et de s'installer sous la voiture pour chasser les oiseaux que j'aime tant regarder, ce matin nous nous sommes enfin réconciliés: j'étais bien contente de le voir au poste devant le cabanon, prêt à bondir dès que le mulot allait mettre le museau dehors.  Il a d'ailleurs semblé quelque peu interrogateur quand il s'est aperçu que je ne le chassais pas de la cours comme je le fais d'habitude! 

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