Voilà une expression populaire dont je réalise de plus en plus la vérité.  Évidemment, je fais référence à ma petite basse-cours et celles qui y habitent.  Si les grosses pondeuses n'ont pour but que de pondre leur coco quotidien, gratter le sol à la cherche d'un trèfle à 4 feuilles ou d'une limace et chercher le trou pour s'évader (longue histoire!), les soyeuses sont sans doute à l'origine de l'expression "être mère-poule". 

Elles ont un instinct encore plus fort que la femme enceinte ou du moins elles ne se questionnent pas autant sur la marche à suivre.  Quand la fièvre de la couvaison lui prend, la poule soyeuse s'installe confortablement sur des cocos, peu importe à qui ils appartiennent et ne bougera plus.  Difficile même de savoir si elle prendra le risque d'aller manger une bouchée.  Et la fièvre est extrêmement contagieuse.  C'est ainsi qu'on s'est retrouvé avec 4 poules dans le même pondoir pour couver 4 cocos.  Il a fallu les marquer parce qu'une autre poule s'amusait à aller pondre dans le tas et elles roulaient le nouvel oeuf bien au chaud sous leurs plumes.  Elles s'occupent de leur couvée pendant 21 jours, les tournant et retournant pour qu'ils se développent comme il faut, se passant le relais pendant la journée. 

Et puis, quand tout c'est bien déroulé, au 21e jour "craque" une petite faille!  Petit poussin a su utiliser le diamant sur son bec pour percer sa coquille.  À l'instar du petit d'homme qui prend plusieurs heures à sortir du ventre de sa mère, le petit poussin prendre une douzaine d'heures pour s'extirper de son oeuf, sans l'aide de sa maman toutefois.

Quelle chance: ma fi-fille et moi étions en train de nettoyer le poulailler de fond en comble (sauf les pondoirs de mesdames les couveuses) sachant que petit poussin naîtra d'une heure à l'autre.  Parce que chez nous, le poulailler, c'est une affaire de filles!  Et puis au moment de vérifier où en était le processus et voulant mettre les mamans et les cocos au niveau du plancher (histoire d'être plus près de la lampe chauffante et pour que le poussin puisse aller manger et boire quand il en aurait besoin), voilà qu'on le voit se tortiller.  Nous avons été témoins de sa grande sortie! 

Par contre, les mamans n'étaient pas du tout d'accord avec mon idée de déménagement et sont retournées illico dans le pondoir.  Il a bien fallu leur ramener les cocos restants (qui n'ont pas éclos pour ceux qui se le demandent) et le petit poussin qu'une poule a glissé sous ses plumes.  Petit poussin n'ayant pas besoin de boire ni de manger pendant le premier 24h (oh que j'aurais aimé qu'on me laisse 24h avant de me harceler sur la quantité de lait que buvait mes bébés moi aussi!), ça ne m'inquiétait pas, on verrait le lendemain.

Et c'est là qu'on voit que la vie est bien faite: après 24h, les petites mères avaient faim, elles n'ont donc pas rechigné à ma proposition de déménager.  Petit poussin a pu boire également avant de se faufiler sous les ailes de la première poule sur son chemin qui s'est installée pour veiller sur lui.  Parce que c'est comme ça que ça fonctionne: elles se sentent toutes responsable de ce nouveau-né et celui-ci adopte toutes celles qui voudront bien lui donner un peu de chaleur. 
Alors voilà, officiellement, je vous présente la nouvelle venue dans le poulailler, notre petite Martha (on assume que c'est une poule mais si elle devait se mettre à chanter, elle deviendra Marthy!). 

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