Voilà, mes 3 garçons sont picotés!  Ils ont attrapé la varicelle (je ne sais pas pourquoi mais je préfère le nom en anglais!).  Qui l'eût cru en 2016?  Quand j'étais petite, il y avait des vagues de varicelle, on ne savait pas trop ce que ça voulait dire et on ne comprenait pas pourquoi nos parents étaient si heureux.  C'était l'époque des "varicelle-party" pendant lesquels ils nous mettaient en contact avec tous les cas possibles dans l'espoir que nous l'attrapions dès le plus jeune âge. 

Un jour, quelqu'un a réalisé que ce n'était pas si simple, que ça comportait parfois des risques, qu'il pouvait y avoir des complications aussi graves que la bactérie mangeuse de chair qui avait plusieurs centaines de portes d'entrée dans l'organisme tout d'un coup.  Et le vaccin est arrivé.  Il est arrivé pas mal en même temps que la naissance de notre plus vieux, du moins pas assez longtemps avant pour en avoir une idée claire, pour en connaître les effets secondaires et l'efficacité si bien qu'on a voulu y aller de la bonne vieille méthode.  Non, ce n'est pas vrai, ça n'a pas été si simple.  C'est avec ce fameux vaccin qu'est venu notre premier confrontation quant à l'éducation de nos enfants: moi je refusais le vaccin, il en avait déjà bien assez et on ne pouvait même pas nous garantir qu'il fonctionnerait à vie.  L'homme ne voulait pas exposer notre progéniture à un risque inutile et se disait que s'il y avait un vaccin, il devait être efficace.  Nous avons tranché au centre: nous allions attendre jusqu'à leur entrée à l'école.  S'ils l'attrapaient avant, ce serait tant mieux sinon, nous aurions le temps d'avoir plus d'information. 

C'est ainsi que les 2 plus grands n'ont pas été vaccinés, les 2 derniers l'ont été sans notre consentement puisqu'il faisait désormais partie de la séquence de vaccination et qu'on ne demandait plus le consentement si on consentait déjà aux autres vaccins.  Puisque nous devions chaque année expliquer à la direction de l'école que oui nous savions qu'ils n'étaient pas vaccinés contre la varicelle, qu'on en avait marre de toujours nous justifier et parce qu'ils ne l'ont jamais attrapée malgré notre bonne volonté, nous les avons fait vacciner à leur tour l'an dernier.

Vendredi, fin d'avant-midi, pendant que je l'ai dans les bras, bébé se lève le menton et je découvre une douzaine de petits boutons.  Je pense à une nuée de maringouins mais ça fait beaucoup de maringouins en très peu de temps parce que rien de cela n'y était le matin.  Et puis quelques minutes plus tard, je vois de minuscules picots sur ses avant-bras et au moment de changer sa couche, 2 autres sur les fesses (on oublie la thèse des maringouins).  Une réaction à quelque chose?  Je garde espoir puisqu'il n'a aucun autre symptôme: pas de fièvre, pas de perte d'appétit notable, pas de démangeaison.  Nous faisons donc une sortie le soir comme il était prévu.  Samedi matin, voilà que le plus grand passe devant moi en culottes courtes, sa jambe droite picotée!  Oh non!  Il en a quelques-uns un peu partout.  Pas de symptôme, pas de démangeaison, c'est peut-être une réaction au chlore?  Et dimanche, c'est mini qui vient jouer dans notre lit et en retroussant son chandail de pyjama, on découvre plusieurs petits picots.  Drôle de hasard?  Ah non, on doit se rendre à l'évidence: la varicelle était bien chez nous!

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Une des belles avancées médicales c'est que grâce à ce petit vaccin, la varicelle est loin de ce qu'elle était quand j'étais petite.  Alors que j'ai eu trop de picots pour pouvoir les compter, que ça grattait partout, que les boutons devenaient des pustules dégoûtantes avant de sécher et que je me sentais comme si on camion m'était passé sur le corps, mes petites bêtes n'ont eu qu'une trentaine de picots tout au plus, minuscules, plats, qui n'ont jamais fait de cloque.  En 3 ou 4 jours maximum, tout était terminé et ils ne s'étaient rendus compte de rien.  Mais pour le plaisir on leur a fait vivre la tradition de la calamine rose!

 

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