Si j'avais un seul qualificatif à utiliser pour me décrire, je choisirais « indépendante ». J'ai quitté la maison familiale à 17 ans pour aller au cégep en ne revenant que les fins de semaine et pendant l'été pour travailler. Je suis partie habiter chez ma sœur, dans la grande ville, à 19 ans. Quelques mois plus tard, je partais en appartement avec mon amoureux (qui est devenu mon mari) et j'ai volé de mes propres ailes. Je ne suis plus retournée chez mes parents que pour les visiter deux ou trois fois par année au départ, puis à Noël seulement, et maintenant que nous sommes dans la province voisine, j'y retourne aux deux ans.

Même si je pense à ma famille tous les jours, on ne s'appelle pas chaque semaine. Je ne suis pas une « appeleuse ». Par contre, on se donne des nouvelles par facebook, on s'envoie des photos, on se raconte nos anecdotes par messages privés, les enfants se parlent par facetime presque chaque jour. Vive la technologie!

Mais à certains moments, j'envie les gens qui ont la chance de vivre leur vie d'adulte dans le patelin de leur enfance. Je jalouse secrètement mes amis qui peuvent aller souper, un dimanche de temps en temps, chez leurs parents. Ce soutien familial à portée de main me manque.

Nous avons toutefois la chance de vivre entourés de gens dans la même situation que nous et même si on se lie plus difficilement d'amitié au fil des années sachant que c'est toujours à recommencer, les rares liens qu'on développe sont d'autant plus solides.

C'est ainsi que l'éducatrice de fiston (qui est devenue une amie) a eu accident et n'a pu trouver personne pour la remplacer pendant 2 jours. Puisque c'est plus calme au bureau, j'ai pu facilement prendre congé et j'ai offert à mon amie (et collègue!), dont les enfants fréquentent la même garderie, de m'amener ses cocos pendant ce temps parce qu'elle est toujours prête à m'aider quand j'ai besoin. Je l'ai également offert à notre éducatrice, qui s'est occupé, en plus du petit dernier, de mini et fi-fille pendant les journées de tempête cet hiver, de m'amener sa cocotte pour qu'elle puisse se reposer.

 Parce que ces gens, qu'on fait entrer dans notre vie, deviennent un peu comme notre famille le temps que nos chemins se croisent.

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