Ce moment où, comme maman, comme épouse, comme femme, tout va de travers. Quand la tribu a passé trop de temps ensemble et qu'entendre l'autre respirer est suffisant pour faire monter leur colère. Quand ils tournent en rond disant, pour la 163e fois de la journée, qu'il n'y a rien à faire... et qu'il est à peine 13h. Quand tu as l'impression que leur seul but dans la vie est de se promener dans la maison en secouant leurs bottes pleines de sable en se faisant un chemin en jouets, à l'image du Petit Poucet.

Quand tu regardes dehors, que tu vois le terrain plein de feuilles, les plates-bandes remplies de tiges sèches, les roches parsemées par la souffleuse dans le gazon, le jardin bien compact, les pommes qui pourrissent dans leurs feuilles sous les arbres, les buissons envahissants qui ont gagné beaucoup trop de terrain, les planches du patio qui sont molles ou carrément pourries par endroit, la peinture qui a disparue de la surface du patio et de la galerie... et que tu constates que de n'avoir rien fait à l'automne ne fait qu'augmenter les tâches à accomplir au printemps.

Quand tu soupires en te disant qu'il faudrait finir les rénovations de la cuisine un jour, que l'isolation et le revêtement extérieur de la maison doivent être faits cet été, le toit temporaire de la galerie qui doit devenir permanent ainsi que les gouttières inexistantes parce que remises chaque année depuis 10 ans.

Parce qu'on a tous ces moments où le petit vallon a l'air de l'Everest, où les banalités nous semblent des tragédies. Dans ces moments-là, la seule envie qu'on a, c'est de se rouler en boule dans son lit, se blottir dans les bras de son homme, être sourde aux cris des enfants et attendre que ça passe...