... 2 mots qui ne vont tellement pas ensemble! C'est pourtant ce geste d'amour et de complicité qui mène à la création de la chair de notre chair, mais le "après" n'est pas nécessairement à l'image du "avant" (quand c'était tout nouveau, tout beau, quand la passion était à son apogée et constamment renouvelée, quand la seule contrainte valable était l'imagination) disons-le!

Pendant la grossesse, ça peut toujours aller. Je dirais même que c'est là où, personnellement, ma libido était la plus forte : les rondeurs de la grossesse cachaient celles de mon surplus de poids. Contrairement à bien des femmes enceintes, je me trouvais sexy avec mon ventre et mes seins gonflés ce qui n'était pas pour déplaire à chéri. Mais encore faut-il avoir le ok du médecin pour assouvir ces pulsions (ce qui m'a été refusé quelques mois). Les limites sont plutôt... encombrantes mais bon, on fait avec!

Après l'accouchement, c'est là où ça se gâte.  Quand on a une cicatrice juste en haut du pubis, une serviette hygiénique plus grande qu'une couche qui nous rappelle, pendant des semaines, que tout ce qui pouvait être attirant est resté sur la table d'opération, on réalise vite qu'on a échangé sa libido contre un bébé!  Mais à bien y penser, ce n'est pas un bien grand mal: un bébé qui dort très peu et/ou entre nous deux, pendu au sein 23h/24, même avec une envie charnelle digne d'Emmanuelle, il serait bien difficile de l'assouvir!

On ajoute à tout ça le cadeau post-accouchement ultime: les changements hormonaux permanents.  Eh oui, après chaque accouchement, j'ai eu le bonheur (c'est un sarcasme!) de voir mon SPM s'amplifier un peu plus jusqu'à créer un monstre. Les crises de colère (niaiseuses au point d'avoir envie de mettre chéri à la porte une fois par mois parce qu'il avait oublié de changer le rouleau de papier de toilette) et les crises de larmes qui s'en suivent (en m'excusant de mon humeur exécrable de peur qu'il n'ait vraiment envie de part) prennent possession de mon corps un peu trop souvent à mon goût.

Puis, les enfants grandissent et on se dit que bientôt, ce sera plus facile... Oh que non!  Parce que l'aîné 1- se couche quasiment plus tard que nous alors que les petits se lèvent encore aux aurores, 2- en apprend un peu plus sur ce pan de la vie d'adulte et est aux aguets du moindre bruit suspect. 

C'est là qu'on se dit que si on attend qu'ils partent de la maison, notre désir partira assurément avant eux!  On trouve des moyens pour que le lit redevienne conjugal plus souvent qu'une fois par semaine, on apprend à faire respecter notre intimité et on apprivoise ce SPM qui fait partie de notre couple désormais.  On découvre qu'il n'amène pas que des sautes d'humeur à la fin du mois, mais qu'il accentue le désir quinze jours avant! On explore, on se redécouvre, on prend notre temps, on s'aime encore plus.

Un jour, sous la couverte, les pieds collés, on se regarde et on se dit que ce n'est pas comme avant.  Non.  C'est encore mieux!

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