Voilà, c'est fait. Cette semaine, l'homme a reçu le coup de téléphone qu'aucun parent ne veut recevoir. Celui qui vire le cœur à l'envers. Celui qui dit : « Il faudrait venir chercher votre enfant, il est blessé et doit aller à l'hôpital maintenant. »

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Bon, ça ne s'est pas tout à fait passé comme ça. Ça ressemblait plutôt à : « Il faudrait venir chercher votre enfant, il s'est blessé au pouce avec ses ciseaux. » L'homme n'a pas su retenir un petit gloussement. Je ne peux pas le blâmer, se blesser avec des ciseaux, ce n'est pas très glorieux. Mais il s'en est suivi un : «C'est vraiment sérieux, la blessure est profonde et votre enfant doit aller à l'hôpital. » Il n'a fait ni une ni deux et il a accouru.

Là, tout ceux qui connaissent notre progéniture ont tout de suite en tête notre Mlle C. Elle a malheureusement une solide réputation côté maladresse, mais pas cette fois.

Votre deuxième choix revient sans doute à notre mini-roux qui ne voit pas le danger, ou encore notre tout-petit qui apprend encore comment manier les ciseaux.

Erreur. Il s'agit bel et bien de l'aîné de presque 12 ans! Il découpait sagement quelque chose en classe pour un projet et son pouce barrait la route aux lames. Résultat : une profonde entaille dans le bas du pouce, là où la chair est molle et où le sang afflue sans relâche. Après coup, il a raconté que le coup de ciseaux n'avait pas fait si mal. C'est lorsqu'il a aperçu la blessure en la nettoyant à la salle de bain qu'il a réalisé ce qu'il s'était infligé bien malgré lui. Il est devenu pâle pendant qu'on pensant son pouce et ils ont dû l'étendre dans le bureau de la directrice en attendant l'arrivée de son père. Heureusement qu'il travaille à 2 ou 3 minutes de l'école et que l'hôpital est littéralement située derrière parce que le temps de se rendre, son pansement était gorgé de sang.

C'est fou ce qu'une petit coupure à un endroit stratégique peut faire. Il est rapidement passé au triage, on lui a refait un gros pansement le temps de l'attente et c'est une heure et demie plus tard (que son père et lui ont passé à regardé le rond de sang traverser l'immense pansement) qu'il a vu le médecin. Pas le choix, à cette profondeur, il ne pouvait pas utiliser la colle chirurgicale, il devait avoir des points de suture.

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Ce ne sont pas les points qui l'ont achevé mais bien les 4 injections pour geler son doigt, dont 2 directement dans la blessure! Deux points de suture, un pansement et le reste de la journée à la maison plus tard, il va mieux. Il est handicapé de la main gauche, il est atterré de ne pas être capable de jouer à la console, mais il est vivant!  Reste à voir s'il survivra au retrait des points la semaine prochaine... et si mon coeur de maman y survivra!