Il y a environ 2 ans et demi, j'assistais à une conférence qui aura été beaucoup plus marquante que je ne le pensais. Il s'agit de la conférence de Janice Butler, qui était de passage au centre de la famille de mon coin en juin 2015. Je me souviens encore à quel point elle était énergique, trop pour ma petite personne discrète en pleine recherche d'elle-même à ce moment-là!

 Elle y parlait de rêve et de but.

Elle avait demandé d'apporter un cahier et un crayon.  Je me souviens d'avoir suivi ses indications : d'avoir ouvert mon cahier de note, d'avoir fait un cercle en plein centre et d'y inscrire « Mes Rêves ». Autour, nous devions noter nos rêves les plus fous, les plus secrets. J'en avais écrit 4 ou 5, mais le plus fou, celui auquel je n'osais pas croire, était de publier un livre.

Et puis, elle nous a fait remarqué que c'était facile de rêver, mais qu'on ne pouvait pas espérer atteindre nos buts sans poser d'action concrète. Il n'était pas question de déplacer des montagnes, mais plutôt de prendre conscience du fait que chaque geste, aussi petit et insignifiant soit-il, nous amenait un peu plus près de nos rêves.

À ce moment-là, ce qui allait devenir mon livre était loin d'être terminé. Même si j'avais commencé à le rédiger pendant la grossesse des jumeaux, je manquais de temps pour m'asseoir et écrire. Ou plutôt, je remettais toujours cette tâche à plus tard parce que chaque fois que je retournais dans mes souvenirs, que je relisais les billets de mon premier blogue pour me rappeler une date ou les détails d'un événement, je revivais les mêmes émotions. J'avais besoin de prendre de longues pauses entre chaque session d'écriture pour apaiser la douleur et la peine.

Toutefois, après la conférence, j'ai compris que si je souhaitais vraiment que ça aboutisse, je devais absolument poser des actions concrètes. Pendant plusieurs mois, j'ai utilisé mes lundis de congé pour écrire. Parfois, ce n'était qu'une page ou deux parce que je prenais le temps de retracer les messages que j'avais écris sur différents forums de discussion et sur le blogue. Je refaisais le fil de l'histoire dans les moindre détails. D'autres jours, je contrôlais à peine mes doigts qui défilaient à une vitesse folle sur le clavier, remplissant des pages d'un seul trait.

Même si l'écriture me faisait un bien fou, je n'étais pas certaine que quelqu'un veuille lire cette histoire un jour. Je ne croyais pas que la publication de mon récit soit un rêve réaliste. C'est souvent quand un doute survient que la vie nous envoie des signes pour nous prouver qu'on a raison d'y croire; c'est peu de temps après cette même conférence que je recevais un message d'Alexandrine, de Parents Orphelins. Elle souhaitait éventuellement ajouter un volet « blogue » au site web de l'organisme et elle me proposait de composer un texte ou deux pour l'aider à vendre l'idée au reste du groupe.

Non seulement une magnifique collaboration et une amitié solide sont nées, mais quelques mois plus tard, j'ai enfin pu mettre le point final à mon livre. Je l'avais fait!

reverdunlivre