Le 7 novembre dernier, je tenais mon bébé en version finale entre mes mains pour la toute première fois. Dix jours plus tard, je sortais du placard et je me dévoilais au monde entier. Bon d'accord, j'ai simplement avoué à mon entourage et ceux qui me suivent sur Facebook que j'avais non seulement écrit un livre mais qu'il était publié. Le 28 novembre, j'en faisais le lancement et je flottais sur mon nuage!

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Les 50 premières copies sont parties comme des petits pains chauds en à peine un mois, sans même avoir fait de publicité mis à part quelques messages sur ma page Facebook. Je suis sous le choc. Honnêtement, c'était un processus bien personnel d'écriture. Une espèce de thérapie sans psy ni divan. Après y avoir consacré tant de temps, je voulais simplement le tenir en version papier. Et si je pouvais vendre les 25 copies commandées, ce serait la cerise sur le gâteau.

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Ce fût un long et fastidieux processus : presque 6 ans d'écriture parsemés de longues pauses, un dévoilement à mon homme pour qu'il approuve, de longues heures de recherches sur les différentes maisons d'édition et la façon de soumettre un manuscrit, beaucoup d'éloges suivis de refus étant donné la portée restreinte de l'histoire et finalement, une belle ouverture!

Parce qu'au fil de mes recherches, je suis tombée sur une maison d'édition unique : Bouquinbec. Une maison d'édition qui accepte tous les manuscrits sans restriction, qui ne se mêle pas de la correction ni de la révision, qui ne décide aucunement de la couverture, qui ne fait aucune démarche, qui ne prend rien en charge financièrement, mais qui apporte tout le soutien et l'expertise nécessaires (contre une petite rémunération, parce que c'est une entreprise quand même) et qui s'occupe de l'impression.

C'était exactement ce dont j'avais besoin, moi qui aime prendre les choses en main et me débrouiller, mais qui ne connais rien à l'édition! On m'a proposé une correctrice et un graphiste avec qui j'ai discuté longuement pour qu'ils sachent ce que j'attendais d'eux et en retour, qui m'ont expliqué ce qu'ils pouvaient apporter de plus à mon projet.

Nathalie, la correctrice, a su couper le cordon. Elle s'est assurée que mon récit reste fidèle à qui je suis, à ce que je voulais transmettre, tout en le dépersonnalisant et en le rendant plus fluide. Chacune de notre côté, nous avons lu et relu le manuscrit jusqu'à ne plus être capable de distinguer les mots! Ce fût assurément l'étape la plus longue. Il lui aura fallu peut-être 3 ou 4 mois pour en terminer la révision (surtout parce que je n'étais pas pressée).

François a utilisé ses talents de graphistes et son expérience pour mettre en page l'intérieur du livre et me proposer quelques versions de la couverture en intégrant l'aquarelle peinte par mon amie Michèle.

Tout au long du processus, Sylvie, de Bouquinbec, s'informait de l'avancement du projet et répondait patiemment à mes milliers de questions. Entre le moment où elle a reçu les documents du graphiste et celui où j'ai reçu l'épreuve imprimée, il ne s'est écoulée qu'une petite semaine.

Et là, je sais que la question financière est sur toutes les lèvres : est-ce que ça coûte cher publier un livre de cette façon? Cette question est bien relative. Pour ma part, je m'attendais à beaucoup plus alors ma réponse serait non, mais ça reste beaucoup plus cher que lorsqu'on envoie un manuscrit et que la maison d'édition s'occupe de tout de A à Z.

Est-ce que je vais « entrer dans mon argent »? Il y a de fortes chances que non! Je ne deviendrai pas riche avec la vente de mon livre! Mais je ne le saurais pas davantage si j'avais fait affaire avec une maison d'édition traditionnelle puisque je n'aurais reçu qu'une minime partie des recettes et je n'aurais eu le contrôle sur pratiquement rien.

Et là, j'ose m'aventurer dans le coté plus tabou des chiffres concrets: il m'en aura coûté 1200$ avant impression. Ensuite (et c'est la beauté de la chose avec Bouquinbec) ça dépend de la quantité à faire imprimer. Je n'ai pas eu de minimum de copies à acheter, j'aurais pu arrêter le processus à l'épreuve imprimée. Mais pour donner une idée, ça me coûte un peu moins de 250$ pour 25 livres imprimés et livrés.

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J'ai fixé le prix de vente selon ce que je voulais (qu'il soit accessible), tout en écoutant les conseils de Bouquinbec (au moins le double du prix d'impression). Je devrais plutôt dire LES prix parce que j'ai choisi de le vendre 20$ quand on passe directement par moi : c'est plus simple d'avoir un prix rond, mais aussi parce qu'il n'y a pas d'intermédiaire. Toutefois, sur la boutique en ligne de Bouquinbec, il est 22$.  D'abord parce que pour qu'il y soit affiché, je paye un frais annuel (minime mais présent). Ensuite, parce que l'impression se fait à chaque achat, le prix d'impression est donc un peu plus élevé que lorsque je commande une boîte de 25 livres que je vends moi-même. Finalement, parce que c'est l'endroit où les libraires s'approvisionnent. Si le livre les intéresse, ils peuvent en acheter des copies à 40% du prix affiché afin de pouvoir faire eux-mêmes une marge de profit lors de la vente.

Tout ceci est plutôt technique, j'en conviens, mais en bout de ligne, il faut surtout retenir que le résultat dépasse largement le peu d'attente que j'avais au départ. Le sujet était bien trop personnel pour que je laisse mon bébé entre les mains d'un inconnu qui en aurait fait Dieu sait quoi! J'avais besoin de m'impliquer jusqu'au bout, de prendre chacune des décisions et c'est ce que Bouquinbec m'a permis tout en m'offrant le côté professionnel.

Bien sûr qu'il m'a fallu y consacrer beaucoup de temps, que je dois travailler sans relâche pour le faire connaître, mais mon cadeau, ce sont les commentaires qu'on m'envoie suite à la lecture. Chaque fois que je reçois un témoignage, mes yeux s'emplissent de larmes et je me dis que tout ça, ça en vaut largement la peine!  

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