J'ai toujours su que mon mini était spécial. Ça ne pouvait pas faire autrement étant donné l'expérience unique qu'il a vécu avant même de pousser son premier cri.

Il n'était pas un bébé particulièrement exigeant, mais il a toujours eu ce besoin de se caler au creux de nos bras, de mettre son front sur le nôtre. Il était tout petit qu'il captait la moindre émotion qui émanait de nous.

Puis, il a grandit. Avant même ses 2 ans, il faisait des phrases complètes et utilisait des adjectifs dont peu d'adultes font usage. Avec sa chevelure de feu, il savait charmer tous ceux qu'ils rencontraient.

Mais il dérangeait. Il parlait beaucoup. Tout le temps. Il bougeait sans cesse. Il avait beaucoup de difficulté à respecter l'autorité, surtout quand il avait un auditoire. Quand il n'était pas d'accord, il le faisait savoir par tous les moyens.

Rapidement, nous avons cessé d'aller au groupe de jeux parce que les autres mamans le regardait de travers, les yeux remplis de jugement. C'est que quand elles ne pouvaient pas siroter leur café tranquillement parce que les enfants se chamaillaient, elle jetait le blâme sur mini. Oh, bien sûr qu'il avait arraché le jouet des mains de la petite frisée de façon plutôt brusque en criant, mais entre vous et moi, elle l'avait plutôt cherché en lui enlevant elle-même au moins 3 fois à l'insu de tous juste avant l'incident. Il était toutefois plus facile de dire que c'était la faute de mini parce qu'il était impulsif et qu'il parlait plus fort que les autres enfants.

On n'a jamais osé nous le dire en face, mais nous avons toujours senti qu'on remettait en doute notre façon de l'élever, qu'on nous trouvait trop mous comme parents alors qu'on choisissait juste un peu plus nos interventions sachant qu'il était un petit presto sur deux pattes.

Quand j'osais soulever le fait qu'il avait quelque chose de différent des autres enfants, on me disait qu'il était un enfant, tout simplement. Mais je le savais au fond de moi : notre Mini était différent. Terriblement attachant, affectueux comme pas un, sensible à ceux qui l'entouraient, mais il était différent.

Quand il a commencé l'école, son enseignante nous disait qu'il s'adaptait bien, qu'il écoutait bien les consignes, qu'il performait très bien malgré qu'il commençait tout juste à parler sa langue seconde. Bien sûr, il bougeait un peu mais rien pour déranger le reste du groupe. Toutefois, dès qu'il arrivait à la maison, il explosait. Il s'opposait à chaque consigne, se chamaillait sans cesse avec ses frères et sa sœur, nous devions constamment intervenir. Les jours d'école, nous pouvions compter sur nos doigts le nombre de moments agréables en sa compagnie.

mini

Et puis un jour, on a décidé de consulter parce que nous avions fait le tour des stratégies qu'on pouvait utiliser. Nous avons jasé avec Manon, celle qui serait chargée de l'évaluer, de comment était notre quotidien avec mini depuis sa naissance jusqu'à ses 6 ans et demi. Elle a ensuite passé 6 longues heures avec lui pour scruter toutes ses coutures.  Finalement, elle nous l'a dit : « Chers parents, votre fils est doublement exceptionnel! ».

Notre mini a non seulement un déficit d'attention avec hyperactivité et une tendance au trouble de l'opposition, mais il a également une douance. Voilà qui expliquait tout. Pourquoi il s'intéressait à tout ce qui l'entourait plutôt qu'à sa partition lors de ses leçons de violon et qu'il arrivait tout de même à la suivante en jouant parfaitement la nouvelle pièce sans l'avoir pratiquée à la maison entre temps. Pourquoi il posait mille et une question plus farfelues les unes que les autres à son professeur tout en pouvant améliorer la position de son poignet comme s'il jouait depuis 2 ans! Pourquoi il évoluait bien à l'école alors qu'il n'avait plus l'énergie de contrôler ses pulsions une fois à la maison.

Le diagnostique ne nous a pas ébranlé outre mesure puisque ce n'était qu'une formalité. Il n'a pas changé l'amour qu'on lui portait non plus. Mais il nous a permis de mieux le comprendre et d'enfin faire équipe avec lui plutôt que contre lui. Parce que notre fils n'est pas un acronyme et encore moins un trouble, il est exceptionnel, qu'on se le tienne pour dit!