Je ne sais pas trop par quel bout prendre ce billet parce que je viens de refermer le livre et que j'en suis encore bouleversée. Un livre arrivé dans une grosse boîte parmi tant d'autres et qui m'intriguait du fait que nous côtoyons les Acadiens depuis un peu plus de dix ans et parce que j'adore la chanson qui porte son prénom. Entre vous et moi, je n'avais pas de grands espoirs du fait que je n'aime pas particulièrement les romans historiques. Je préfère nettement avoir les deux pieds dans le présent, en plein cœur d'une histoire d'amour rocambolesque!

evangeline

Je l'ai commencé un peu à reculons, me disant que rien ne m'obligeait à terminer les 400 pages si l'aspect historique prenait le dessus sur l'histoire d'amour que j'avais envie de lire. Bon... dans les faits, j'abandonne rarement un livre, aussi ennuyant soit-il! Tranquillement, je me suis laissée attendrir par l'histoire d'amour d'Éva et Gabriel. La consternation m'a envahie au même rythme que j'en apprenais davantage sur le sort qu'on avait réservé aux francophones des Maritimes.

Maintenant, je me dois de faire un mea culpa aux acadiens. Bien sûr que je savais que leurs ancêtres avaient été déportés, qu'on les avait amenés dans un milieu anglophone désirant qu'ils soient assimilés, mais sans plus. Pour moi qui suis bien loin de ses origines dans un milieu anglophone, je n'avais jamais compris pourquoi on ressassait toujours ce moment d'histoire avec le même désespoir que s'il s'était passé hier.

Ce que j'ai lu m'a retourné le cœur. Je sais bien que la guerre entre les peuples n'a rien de juste, mais cette partie de l'histoire n'aurait jamais dû exister. Séparer les familles, les enfants de leurs parents, les enfermer, les restreindre, les voler pour finalement les disperser à droite et à gauche où personne ne parle leur langue, ce n'est ni plus ni moins qu'une tentative d'extermination à mes yeux.

Ai-je besoin de dire que je ne verrai plus jamais le 15 août, journée de la fête acadienne, de la même façon? Les vacances d'été sont encore loin, mais je sens que nous irons à Grand-Pré en Nouvelle-Écosse parce que j'ai bien envie d'aller voir la statut de la belle Évangéline pour comprendre un autre petit bout de l'histoire des Acadiens.