Il y a des jours comme ça où les étoiles ne sont pas alignées du tout. Où on a l'impression que le karma a un tdah solide et qu'il a décidé de jouer aux cartes avec l'ange gardien si bien qu'on enfile les malheurs et les catastrophes à la vitesse grand V. Bon. Par où commencer cette aventure définitivement à oublier?

Ma fille avait une fête prévue à la salle de quille de la base militaire en mi-journée et elle tournait en rond ne sachant que faire de sa peau jusqu'au-dit événement. De mon côté, j'étais en plein dans la période du mois où une trop grande majorité de femmes éprouve l'envie irrésistible de faire du ménage. Ayant marre de le faire à la maison où mes tornades s'entêtent à me suivre pour tout remettre sans dessus dessous, j'ai eu la bonne idée d'aller faire le ménage du printemps au bureau! Bureau qui est à 500 mètres de la salle de quille. Ça me semblait logique puisque j'avais la clé dans ma poche et que je n'ai absolument pas le temps de le faire en semaine!

Ma fi-fille et moi sommes donc parties faire des courses histoire de pouvoir retoucher la déco du même coup, nous sommes arrêtées prendre une limonade à la framboise (pour elle) et un cappuccino glacée (pour moi) et nous sommes allées au bureau. J'ai accroché mon manteau, lancé mes souliers dans un coin et je me suis mise à la tâche.

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Fi-fille se promenait un peu partout surveillant l'heure pour ne pas être en retard à la fête et me donnait un coup de main en déballant nos achats pendant que j'astiquais les fenêtres et que je fabriquais une valence. Entre 2 coups de guenille, je sortais à l'extérieur où j'avais installé un bout de carton et je vaporisais quelques accessoires avec la peinture en aérosol rose-dorée achetée plus tôt. C'était magnifique!

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Ma fi-fille est venue me rejoindre, entrouvrant la porte pour me jaser et a décidé de venir voir mon travail de plus près laissant la porte se refermer. J'avais terminé la deuxième couche de peinture, on s'apprêtait à retourne à l'intérieur… rien. La porte ne bougeait pas. Elle était barrée. Je ne comprenais pas : j'ai mis la goupille pour qu'elle reste débarrée. Je me suis étirée le cou et j'ai vu la goupille en place dans son trou mais dans un drôle d'angle. J'ai tiré la seconde porte puisqu'il arrive régulièrement qu'elle ne soit pas bien enclenchée et qu'elle reste débarrée. Évidemment, pas cette fois.

Le temps s'est arrêté. J'étais en pieds de bas, sans manteau à l'extérieur de l'édifice complètement vide. Mes clés étaient dans la poche de mon manteau qui était sur le porte-manteau dans mon bureau. Puis, j'ai eu un flash : mon cellulaire était dans la poche de mon jeans quand je l'avais cherché pendant notre magasinage! J'ai tâté mes poches avec espoir, deux fois plutôt qu'une : vide! Je l'avais sans doute déposé sur mon bureau.

J'ai envoyé fi-fille vérifier la porte à l'autre extrémité juste au cas où quelqu'un l'aurait mal fermée vendredi en quittant l'édifice pendant que j'essayais de penser à une solution. Elle est revenue bredouille, les yeux plein d'eau. J'ai dû prendre quelques instants pour lui expliquer calmement qu'on n'était pas si mal prises : il faisait frisquet, mais nous n'étions pas en janvier et elle, au moins, avait ses bottes et son manteau!

Je me suis alors souvenue que j'avais ouvert la fenêtre de mon bureau, qui est au rez-de-chaussée, pour aérer! Je me suis dirigée vers la-dite fenêtre, les pieds dans le gazon mouillé, pour constaté que le moustiquaire était vissé en place. On a tout de même fait le tour de l'édifice, juste au cas où il y aurait un moyen d'entrer. En même temps, je souhaitais que non parce que je m'imaginais bien mal faire la courte-échelle à ma fille pour entrer dans un édifice fédéral!

Notre seul soulagement : la valise de la voiture était bien restée débarrée, mais à part pour nous réchauffer quelques minutes, ça ne nous servait strictement à rien! Je pensais à mon cappuccino qui fondait doucement sur mon bureau!

Il fallait se rendre à l'évidence : nous devions nous rendre au gymnase de la base à pied. Oh, ce n'était pas si loin, mais sans soulier ni manteau, ce n'était pas fantastique. Sans compter les jeunes militaires qui marchaient les mains bien enfoncées dans les poches, la tuque sur la tête et qui se demandaient sans doute ce que je faisais en manches courtes dehors (j'espère encore qu'ils n'ont pas relevé le fait que je n'avais pas de chaussure)!

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Je n'avais pas tellement envie de rire, mais il a bien fallu pour rassurer ma fi-fille qui se sentait bien mal d'avoir refermé la porte derrière elle, nous embarrant toutes les deux à l'extérieur!

Une fois au gymnase, elle est allée rejoindre son groupe dans la salle de quilles au fond de l'édifice, entre les 2 séries de portes de l'entrée secondaire et j'ai appelé mon homme pour qu'il vienne me chercher avec un manteau et des chaussures sans plus d'explication. En l'attendant, je suis allée rejoindre le groupe pour m'assurer que ma grande s'amusait et l'aviser que je reviendrais la chercher plus tard. En voulant retourner à l'entrée principale du gymnase, je me suis buté à une porte barrée. J'avais pu passer la première série de porte mais il m'était impossible de retourner à l'entrée principale : je devais faire le tour de l'édifice complet en passant par l'extérieur… toujours sans chaussure ni manteau. Maudit karma de caca.

L'homme n'a pas rit une seule fois quand je lui ai raconté notre mésaventure. Entre vous et moi, je serais retournée à la maison tout simplement, mais la fenêtre de mon bureau était restée grande ouverte, la musique jouait à tue-tête, et le bureau était dans un état lamentable!

J'ai dû mettre mon orgueil de côté pour aller à raconter mon histoire au commissionnaire de garde et tenter de le convaincre qu'il pouvait me faire confiance et me débarrée la porte. Évidemment, je n'étais pas sur la liste (loin d'être à jour!) des gens à qui il pouvait remettre la clé du bâtiment sans trop de question. Il a donc fallu attendre le retour de son collègue (parti souper évidemment!) pour que celui-ci m'accompagne jusqu'au bureau, passant devant la peinture en cours (responsable de la suite des choses) en pieds de bas, le temps que prenne mes choses et que je quitte la tête basse.

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Gageons qu'ils se sont bien marrés le reste de la soirée en racontant l'histoire de la fille est qui arrivée en chaussette et manches courtes parce qu'elle s'était embarrée à l'extérieur de son édifice…

Le pire, c'est que je n'ai même pas fait le quart du ménage que j'avais prévu!