Parce que c’est important.  Parce qu’on néglige trop souvent de le faire.  Parce qu'on a l’impression que ça n’arrive qu’aux autres.  Parce que ça peut sauver une vie.

Il y a 5-6-7 ans (je ne me souviens plus exactement), j’ai demandé à mon médecin de famille quand se faisait la première mammographie. Ma grand-mère maternelle avait eu un cancer du sein et ça me faisait peur. Il faut dire que la nature (ou le bon Dieu selon ses croyances), a assurément fait une erreur en mettant mon nom deux ou trois fois sur la liste d’attribution de la poitrine. Pas que j’en sois mécontente, mais quand on vente les mérites de l’auto-examen des seins, j'ai envie d'éclater de rire parce que dans mon cas, c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin!

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Bref, mon médecin m'avait alors répondu que la première mammographie était habituellement vers 50 ans, mais qu'en cas d'antécédent familiaux (ça, c'est moi!), il recommandait de le faire à 35 ans. Étant donné l'âge de ma grand-mère au moment de son diagnostique, il n'avait pas lieu de le faire tout de suite.

Cette année, j’ai eu 35 ans. J'ai donc reçu ma toute première convocation : bonheur et soulagement!

C’était hier. En me levant, j’ai senti que des papillons avaient tissé leur cocon dans mon ventre pendant la nuit. J'étais fébrile, sans plus. Trente minutes avant l’heure de mon rendez-vous, ils ont pris leur envol tous en même temps. Je n’aurais jamais cru que ça m’angoisserait autant le moment venu. Je me sentais exactement comme les 4 matins où j'allais subir une césarienne! J’avais la nausée, la main tremblante et terriblement chaud. J’étais même contente de voir le stationnement de l'hôpital bondé pour avoir le temps de marcher et respirer.

C’est ridicule quand on y pense : on n’allait pas me charcuter la poitrine, seulement la passer au peigne fin pour s’assurer de leur santé.

Plus vite que je n’ai eu le temps de le réaliser, j’avais répondu aux questions de la réceptionniste qui s'est fait un plaisir de les poser dans ma langue maternelle. Elle m'a ensuite invitée à passer la porte secrète qui menait à la salle d'attente « spécial mammographie ». Il y avait là 3 petites cabines pour avoir un brin d'intimité le temps d'enlever le haut, de passer la débarbouillette sous les aisselles et d'enfiler la jaquette pour ensuite s'asseoir avec notre petit dossier personnel sur les genoux en attendant notre tour.

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J'ai vite réalisé que je contrastais drôlement avec les autres dames, toutes d'un âge certain et pleines de sagesse j'en était certaine! Si nous étions silencieuses au départ, l'une d'elles était plutôt nerveuse et avait besoin de jaser. D'entrée de jeu, elle me dit : « J'espère que ça ne fera pas mal, la dernière fois, la technicienne m'a tellement fait mal, elle a repris la photo plusieurs fois. » « Je ne peux pas vous dire, c'est ma première fois. » que je lui ai répondu en tentant de cacher ma crainte. Elle s'est sentie mal de me faire peur avec son commentaire qui se voulait anodin. On a placoté de la météo jusqu'à ce qu'une dame revienne de sa mammographie et que ma nouvelle amie me sourit en me disant : « Elle est vivante, ça ne doit pas être si mal. » L'autre dame, l'ayant entendue, a éclaté de rire et nous a rassuré sur le fait que ça n'avait pas été trop mal.

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La technicienne, probablement de mon âge et avec un petit air doux et sympathique a alors fait son entrée, c'était mon tour on dirait bien. Elle m'a conduite dans la salle où elle prendrait les images de ma poitrine, lumières tamisées. Et c'est là qu'elle me dit : «Vous n'enseignez pas le français par hasard? J'ai suivi un cours il y a quelques années et je pense que c'est vous qui m'aviez enseigné!» Malaise. J'allais devoir non seulement me dénuder la poitrine devant une ancienne étudiante, mais elle allait également la tâter dans tous les sens.

Finalement, l'examen a pris tout au plus une quinzaine de minutes et n'a pas été douloureux du tout. Inconfortable certes, mais pas douloureux. Elle a pris le temps de m'expliquer chacune des étapes et a procédé de façon douce mais rapide me permettant de cacher le sein non sollicité sous la jaquette. Quand elle m'a donné mon congé, je me suis empressée d'aller rassurer ma copine d'attente (et celles qui s'étaient ajoutées pendant mon absence).

Voilà, c'est fait : j'ai eu ma première mammographie et je n'avais pas raison de m'inquiéter autant.

Ne reste plus qu'à attendre les résultats!

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En attendant de passer la vôtre, je vous encourage à vous procurer le mémo-mamo!