Voilà, je reviens tout juste du salon du livre de Dieppe.  Un voyage de quatre jours dans un autre monde, hors de mon quotidien.  Pas de famille, pas de tâche ménagère (quoique je n’ai pas pu résister à l’envie de replacer les chaises et jeter quelques déchets devant la scène principale… déformation de maman!), ni de travail. 

En tant qu’auteure non-affiliée à une maison d’édition (donc qui a dû assumer les frais reliés à sa présence au salon), la question à laquelle j’ai le plus répondu pendant ces quatre jours est sans aucun doute celle-ci : est-ce que ça en a valu la peine?

Je vais sans doute sembler philosophique (assurément trop pour un dimanche soir d’ailleurs!), mais je me demande bien comment je peux calculer la valeur de ce voyage.

Sur le plan monétaire? Quatre jours à l’hôtel (550$), l’essence (50$), la nourriture (plus de 100$ sans doute), la location du kiosque (175$) et l’achat de livres (plus de 100$ également) = 975$.  Il m’aurait fallu vendre 48 livres pour commencer à faire du profit… en fait non, bien plus encore puisqu’il faudrait soustraire l’impression et tout le tra-la-la au prix de vente.  J’en ai vendu 8.

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Sur le plan de la visibilité?  Disons que ce n’était pas un salon aussi achalandé que je ne l’avais cru.  Je m’attendais à ce que les gens défilent de l’ouverture à la fermeture, mais ce ne fût pas le cas.  Plusieurs écoles sont venues y faire un tour les deux premiers jours, les bénévoles, auteurs, employés, ont visité les kiosques plusieurs fois pendant l’événement, mais je n’y ai pas vu de bibliothécaires, ni de libraires.  Contrairement aux auteurs invités, je n’ai pas participé à des entrevues ou des tables rondes, il n’y avait que mon petit espace d’un mètre par deux mètres pour faire la promotion de mon bouquin. 

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Sur le plan humain?  Alors là, j’y ai sans doute gagné beaucoup plus que les autres auteurs présents.  J’ai été la confidente d’une trentaine de mamans orphelines, jeunes et moins jeunes, certaines qui n’avaient jamais osé en parler avant.  J’ai été témoin de plusieurs larmes alors que les gens lisaient la description de mon livre sans un mot et qui me signifiaient, par un regard, que c’était encore trop tôt pour en parler.  J’ai également rencontré des jumeaux qui avaient perdu leur moitié et qui avaient envie de me raconter comment ils le vivaient.  J’ai jasé avec des adolescentes qui ont été extrêmement touchées par l’histoire de Florance au point de revenir me voir avec leurs parents le lendemain. 

Sans compter les amitiés qui se sont créées avec Josée, avec Nathasha que je vous présenterai plus tard.  J’ai discuté avec plusieurs auteurs d’ici et d’ailleurs qui m’ont donné des trucs, qui m’ont réconfortée, qui m’ont inspirée au point de revenir avec des idées pour les deux prochaines années dans ma valise!

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Quand on écrit un livre sur le deuil, il est facile de deviner le plan qui importe le plus, celui qui vaut le plus cher au bout du compte.  Parce que lorsque j’ai décidé d’écrire, je voulais surtout faire du bien aux gens, faire tomber les tabous qui entourent le deuil périnatal et je pense avoir su l'accomplir de belle manière pendant les quatre derniers jours.

Est-ce qu'en bout de ligne ça en a valu la peine?  Je réponds oui!