En temps normal, je préfère écrire sur la météo, les bonheurs de la vie, les gens qui m’entourent ou encore partager mes pensées, mais cette fois, je vais déroger et je parlerai de moi.  Comme j’aime prétendre que ce blogue m’évite une dispendieuse (mais qui serait tellement utile pourtant) thérapie il est plus que temps que je l’utilise à bonne escient et que je m’analyse plus en profondeur, non?

Comme tout le monde, mon comportement se modifie sans que je ne m’en rende compte lorsque je suis en groupe et selon les gens qui gravitent autour de moi.  Mais pendant les derniers jours, le décalage m’a semblé encore plus frappant et troublant, je l’avoue.  J'ai eu l'impression de ne pas me reconnaître moi-même. 

D’abord, il y a la femme sûre d’elle qui aime mener différents projets et qui aime surmonter les défis qui viennent inévitablement avec.  Celle qui fonce sans crainte.  Celle qui croit en ses capacités à diriger un groupe pour atteindre un objectif commun.  Celle que j’oserais même qualifier de leader positive.  Celle qui analyse les situations à voix-haute pour faire comprendre l’absurdité de certains arguments et réfuter ceux qu’elle croit non-fondés. Celle qui marche la tête haute et qui tape du poing quand c’est nécessaire... ou quand elle est en SPM!

Pendant la fin de semaine, cette « moi » semble avoir décidé d’aller au spa et m’a laissée seule avec l’autre.  La jeune femme qui voudrait se fondre dans la tapisserie si c’était possible.  Celle qui n’aime pas déranger, encore moins faire des vagues.  Celle qui croit que ses droits et ses mérites passent largement après ceux des autres. Celle qui accepte sans se poser de question, juste pour éviter les confrontations.

Je suis habituée à ces 2 « moi » qui cohabitent de façon respectueuse et heureusement, la première arrive souvent à raisonner la seconde.  Elle a pris beaucoup de place depuis quelques années si bien que j’avais presque cru que la deuxième avait disparue pour de bon. 

doublepersonnalite

La jeune femme qui ne veut pas déranger au point où elle n’arrive même pas à prendre la place qui lui revient a refait surface pendant la fin de semaine.  Elle m’a complètement déstabilisée et j’ai eu envie de me dissocier d’elle, parce que ce n’est pas moi, du moins ce n'est pas celle que je veux montrer à la face du monde.

Mon malaise était si grand que quelqu’un qui ne me connaissait ni d’Ève ni d’Adam a noté le moment exact de la permutation de ces deux personnalités qui m’habitent. Il a été troublé tout autant que moi par ce changement d’énergie soudain (de toute évidence, il a une sensibilité hors du commun) et n’a pu s’empêcher de me le faire réaliser.    

Vous vous demandez sans doute ce qui s’est passé pour que ça mérite un billet?  Rien d’extraordinaire : j’ai simplement rencontré quelques personnes à la personnalité très (trop) forte qui déplacent tout ce qui se trouve sur leur passage sans se soucier des autres. Je me suis tout simplement laissée impressionnée par leur assurance.  Malgré plusieurs jours à y réfléchir, je ne comprends toujours pas pourquoi d'ailleurs. 

Ceci dit, à défaut d’avoir su prendre ma place, j’aurai eu l’occasion de faire connaissance avec d’autres gens qui ont su équilibrer l’énergie autour de moi par leur douceur et leur grande humanité.  Des hommes et des femmes que j’admire et que je souhaite revoir un jour ou l’autre sur ma route.  Robert, Hélène, Natasha, Adèle, Frédérique…