Pendant mes vacances, ça m’a frappée d’un coup: en l’espace d’une seule génération, les valeurs, les priorités, les habitudes ont pris un virage à 180 degrés.  Je sais bien que les temps changent, j’en avais déjà fait mention dans mon biller Mais où est donc la place du papa?  mais l’histoire démontre qu’un changement de cette envergure ne se fait pas si rapidement. 

Quand j’étais petite, mon père avait le rôle du pourvoyeur. Il travaillait de longues heures en plus de devoir parfois (souvent!) travailler la nuit, les fins de semaine, à Noêl et ce, sans jamais se plaindre. Quand il était à la maison, il s’occupait des réparations autour de la maison, du déneigement, du bois de poêle ou alors il allait aider un beau-frère à refaire sa toiture.

Ma mère était la gestionnaire en chef. Elle s’occupait des comptes, de l’épicerie, du lavage, du ménage, de la marmaille et tout ce que ça impliquait. Quand mon père arrivait à 5h, le souper était non seulement prêt, mais il avait une assiette pleine comme il l’aimait, la tranche de pain à la moutarde et sa tasse d’eau chaude. Il n’avait qu’à lever les yeux vers les armoires pour qu’elle comprenne qu’il ajouterait bien du sel sur son spaghetti.  Je dois dire que cette forme de communication sans même se parler m’a toujours fascinée!

Mon mari travaille de 8 à 4, rarement les fins de semaine. Il passe autant de temps qu’il le peut à la maison. Il s’occupe des travaux à faire autour de la maison, mais il s’arrête à 16h pour préparer le souper.

De mon côté, je travaille aussi de 8 à 4, je déteste faire les repas, mais je prépare les desserts, je plie le linge, je nettoie la salle de bain et je lui donne parfois un coup de main avec les rénovations. On s’occupe des enfants autant l’un que l’autre tout comme on fait la liste d’épicerie et le menu de la semaine ensemble.

Mes parents sont à la retraite, mais ils n’ont pas changé d’un poil; mon père a besoin de s’occuper les mains et l’esprit à quelque chose de physique (lire ici changer une porte de cabanon ou construire un banc) du matin au soir. Ma mère s’occupe toujours de lui préparer son assiette exactement de la façon dont il aime et anticipe encore ce dont il pourrait avoir besoin. 

D’où le titre de ce billet : j’ai pu constater le clash entre nos deux générations pendant leur présence chez nous : mon père qui attaquait un projet après l’autre sans relâche sachant que sa femme s’occupait de veiller aux besoins primaires alors que je regardais l’heure en me disant que ça devait démanger mon homme de ne pas pouvoir arrêter pour préparer le souper ou de prendre du temps avec les enfants! 

C’est d’autant plus fascinant de voir ce clash entre les valeurs et les priorités de nos deux générations alors que le respect et l’amour sont tout aussi présents tant entre eux qu’entre nous!  Parce que mes parents resteront toujours mes modèles d’amour qui dure toujours!

J'ai hâte de voir comment sera la prochaine génération.  Est-ce que leurs priorités seront similaires aux nôtres ou reviendront-ils à des valeurs plus traditionnelles?  Du moment qu'ils sont heureux, c'est tout ce que je souhaite!

clashgeneration