Billet d'un lundi SPM
SPM... ce syndrome que je croyais être un mythe. Je me souviens encore adolescente, je voyais Claude Meunier décrire ces femmes complètement folles, à la limite de l'internement quelques jours avant leurs règles dans "La P'tite Vie" et je me disais qu'il devait être misogyne pour les percevoir ainsi! Mis à part un bon mal de ventre et trop souvent une migraine, je ne voyais aucun changement chez moi pendant cette période, surtout pas émotif.
Quand j'ai eu mon bébé il y a 3 ans, j'ai compris. Je suis devenue ces femmes aliénées. Pas du jour au lendemain, ça a bien dû commencer bien avant, progressivement (faudrait voir avec l'homme!) mais après la naissance du petit dernier, ça a pris une ampleur jamais égalée! Au point où j'ai consulté un médecin, un gynécologue, une psychologue, j'ai tenté par des moyens naturels et moins naturels d'y remédier. Pas que ça me dérange vraiment au quotidien, un petit 24 heures avec les fils prêts à se toucher n'importe quand et c'est terminé. J'en profite (évidemment c'est une façon de parler, on s'entend sur le fait que c'est plus ou moins contrôlé) pour gueuler et me défouler pour les 28 prochains jours. Mais même si j'ai probablement l'homme le plus patient au monde, qui comprend parfaitement la raison hormonale et incontrôlable de la chose, sa patience a toujours bien des limites! Parce que si j'arrive à me contrôler en public, dans le privé, c'est lui qui écope!
C'est que voyez-vous, pendant ces 24 heures, je deviens un monstre horrible. Je ne m'endure pas moi-même. Je m'énerve au plus haut point. Je supporte encore moins quelqu'un d'autre dans ma bulle: NE-ME-TOUCHE-PAS (oh non, pas besoin de le lui dire, il se tient loin naturellement pendant cette période). S'il a le malheur d'échapper du lait au déjeuner, d'oublier de faire blanchir les carottes pour le souper, s'il se met dans mes jambes au moment où j'ai besoin de prendre quelque chose dans une armoire ou s'il a oublié d'enlever le tapis de bain (blanc) quand il a coupé les cheveux des garçons, j'ai juste envie de le sermonner (bon d'accord, je ne me gêne pas tellement de ce côté, je fais une bonne grosse crise par SPM) et de lui faire ses valises.
Et là, ça atteint son apogée: c'est comme si je revenais soudainement dans le monde réel, que je redevenais maître de moi-même. Je regrette tout ce qui s'est passé, je me demande comment j'ai pu être si intolérante, les mêmes situations la veille ou le lendemain m'auraient plutôt faites rire, je me confonds en excuse et je prie pour que mon homme merveilleux n'ait pas envie de faire lui-même ses valises.
S'il vous plaît, dites-moi que je ne suis pas seule à vivre avec cet espèce de mal agressif une fois par mois?!








