Notre chien est mort
Le titre de ce billet pourrait être une figure de style, mais ce n’est pas le cas. Jamais je n’aurais pensé écrire sur ce sujet. Non pas que je la pensais éternelle notre belle Mousseline, mais je ne pensais pas que ça m’ébranlerait autant et que j’aurais besoin d’en jaser un peu pour me sentir mieux.
Nous l’avons adoptée tout juste avant d’acheter notre première maison, alors que nous étions de jeunes tourtereaux. Elle n’était pas notre premier animal de compagnie, mais disons qu’un chien représente un bien plus grand engagement qu’un hamster! Mousseline n’était qu’un bébé Yorkshire qui faisait ses dents et qui mâchouillait tout pour tenter de se soulager, elle était tellement adorable!
Elle a accueilli chacun de nos enfants avec nous, les veillant pendant leurs siestes et se laissant tirer la queue et les pattes sans broncher. Elle faisait partie intégrante de notre famille, mais nous ne l’avons jamais considérée comme notre premier « enfant » et nous n’avons jamais eu envie de la voir comme la « sœur » de nos petits. Elle était notre animal de compagnie à tous, la confidente par moment ou encore une bonne compagnonne de jeu… qui n’était pas très douée pour retrouver sa balle! Elle a su combler ma solitude lors des absences de l’homme.
Mais voilà, il fallait bien qu’un jour ça se termine. On s’en attendait depuis un an puisqu’elle supportait moins bien les changements, mais elle avait passé son dernier bilan vétérinaire haut la main au printemps. Du moins pour une vieille pantoufle de 15 ans! Elle avait les yeux un peu embrouillés par l’âge, mais elle n’avait pas encore de cataracte. Elle avait une masse au ventre qui ne semblait pas la déranger outre mesure.
Toutefois, son état s’est dégradé plutôt subitement dans le dernier mois et demi. Il était de plus en plus évident qu’elle n’était plus bien et même si on espérait fort qu’elle choisisse le moment de son départ, on allait devoir se résigner à prendre cette décision pour elle. En même temps, nous aurions dû le savoir : elle a toujours eu la tête dure!
C’est toujours difficile de dire aurevoir à un animal de compagnie, mais je ne croyais pas que la tristesse des enfants me briserait le cœur à ce point. L’aîné n’a pas souhaité entendre toutes les explications du comment du pourquoi on avait pris cette décision et a préféré le vivre seul dans son coin. Mini, si sensible, avait peur qu’elle ait mal et ne comprenait pas pourquoi on prenait cette décision. Fifille semblait détachée et changeait de sujet constamment, mais j’ai l’impression qu’elle voulait surtout balayer la peine qui planait parce qu’elle n’aime pas voir les gens tristes autour d’elle. Le petit dernier, de son côté, n’a pas trop bien compris ce qui allait se passer.
On a tenté de créer un rituel autour de son départ pour que les enfants sachent qu’on ne le faisait pas par gaité de cœur et leur permettre de vivre leur peine s’ils en avaient besoin. On leur a proposé de faire un dessin, de lui écrire un petit mot ou de prendre de belles photos avec elle. Ils l’ont cajolée comme ils ont pu (disons que les sphincters nous ont empêché d’en profiter autant qu’on aurait voulu). Cet après-midi, les 3 plus petits ont souhaité nous accompagner à la clinique pour l’injection. C'était leur façon de lui dire au revoir, et ça me soulageait un peu de savoir qu'ils allaient ainsi réaliser qu’elle ne reviendrait pas, mais surtout ils pourraient constater par eux-mêmes qu’elle ne souffrirait pas.
Je dois souligner la délicatesse de la clinique vétérinaire et du grand respect dont ils ont fait preuve. On nous a conduit directement dans la grande pièce où on a pu passer un peu de temps avec elle jusqu’à ce que la vétérinaire vienne nous expliquer doucement comment ça allait se dérouler. Nous avons laissé le choix aux enfants d’assister à la procédure et les avons rassurés sur le fait qu’ils pouvaient sortir n’importe quand de la pièce s’ils étaient inconfortables. Puisque le petit dernier ne voulait pas voir la piqûre, nous sommes allés dessiner dans la salle d’attente juste à côté, lui et moi. Mini est venu nous chercher lorsque c’était terminé pour qu’on lui dise aurevoir et les enfants ont pu constater que son cœur avait cessé de battre. La vétérinaire a fait des empreintes et l’a enveloppée dans sa serviette pour qu’on puisse la ramener à la maison.
On a creusé un grand trou sous le pommier, on l’y a déposée dans son panier avec un dessin et un toutou pour lui tenir compagnie, mini a remis la terre par-dessus et fifille a peinturé une pierre.
Drôle de coïncidence, en allant chercher des cadres pour mettre des photos de Mousseline, j’ai trouvé des peluches de Yorkshire que j’ai offertes aux enfants après l’enterrement. Je ne croyais pas qu’elles seraient aussi réconfortantes, mais j’ai l’impression qu’elles vont combler le vide.
Elle aura eu une belle et longue vie notre Mousseline xxx










