La magie Disney et un enfant TDAH-impulsif, est-ce que ça se peut?
Ceux et celles qui sont dans nos bottines connaissent ce questionnement et les doutes qui viennent avec. Loin de nous l’idée de définir notre fils par son TDAH et son opposition, mais notre réalité, c’est que peu importe l’activité, l’évènement, le voyage, on ne peut jamais prévoir comment ça va aller. Pour être complètement honnête, je me suis souvent demandé, pendant nos préparatifs, si nous allions pouvoir apprécier notre voyage ou s’il allait se résumer à gérer des crises. J’ai même douté que mon fils puisse ressentir cette magie dont tout le monde parle.
Voyez-vous, mon mini a de la difficulté à gérer ses émotions et à garder le focus lorsqu’il a un cadre rassurant, une routine bien établie et une bonne nuit de sommeil. Quand son cadre de référence change radicalement, qu’il n’y a plus de routine, qu’il est surstimulé, qu’il est en déficit de sommeil majeur et qu’on lui demande d’attendre, il devient… comment pourrais-je imager ce qu’il vit à l’intérieur… une bombe à retardement, ni plus, ni moins.
Il n’arrive plus à faire la différence entre ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas, ce qui est potentiellement dangereux et ce qui est sécuritaire, ce qui dérange les autres ou non. C’est biologique : dans son cerveau, la partie responsable du contrôle et de l’inhibition ne fonctionne pas bien.
Voici un exemple qui explique tout : notre vol partait à 5h30, nous devions donc être à l’aéroport vers 3h30. Lorsqu’on l’a réveillé, il était excité sachant ce qui l’attendait. Dans la voiture, il était grognon dû au manque de sommeil. On avait bien amené des jeux pour le voyage, son bidule électronique, mais un aéroport vide en rénovation avec une salle d’attente improvisée dans un hangar, ça lui a donné envie de grimper sur les chaises pour mieux voir les avions à travers les petites fenêtres de la porte de garage et de jouer aux auto-tamponneuses avec les chariots à bagages!
Cela dit, nous nous sommes rendus à Orlando sans pépin et on a eu un réel plaisir en famille à Disney. Il faut dire qu’au fil de notre préparation et surtout pendant ledit voyage, je me suis rendu compte que pour rendre l’expérience agréable, on ne pouvait pas la vivre comme les familles qui ne vivent pas avec le TDAH. Bien sûr, on a dû gérer quelques crises et acheter la paix à certains moments, mais c’était bien loin de ce que j’avais anticipé.
Oh, on n’a pas fait de miracle, mais certaines choses nous ont aidés et tout a commencé par un travail mental de lâcher-prise. D’accepter que notre voyage serait différent, mais qu’il ne serait pas moins intéressant pour autant! De savourer chaque moment plutôt que de penser à tout ce qu’on mettait de côté.
S’oublier comme parents
Je sais, ça semble curieux à une époque où on dit aux parents qu’ils ne doivent surtout pas s’oublier, mais à Disney, on a choisi de le faire volontairement. On est parti du Nouveau-Brunswick avec l’idée que notre souhait était d’amener nos enfants à Disney tout simplement et que le reste, on le faisait uniquement pour les enfants. Mon mari n’a donc pas visité la section Star Wars, je ne suis pas allée visiter les autres hôtels, nous ne sommes pas allés à Epcot, mais on a passé une demi-journée dans la section Toy’s Story et on a fait la piste de course pour faire plaisir aux enfants. Vous savez quoi? On a eu tellement de plaisir avec eux et pas juste parce qu’ils étaient heureux, mais parce que la magie Disney est partout!
Adapter le voyage à SON rythme
On aurait aimé être dans les parcs dès l’ouverture et assister aux parades et aux feux d’artifice de fin de soirée : au prix que ça coûte aller à Disney, la plupart des gens veulent tirer profit de chaque minute. On a accepté l’idée qu’on ne perdait rien en passant plus de temps à l’hôtel que dans les parcs, à manger dans un casse-croûte plutôt que dans les grands restaurants : notre voyage était déjà payé en entier de toute façon! On n’a pas mis de cadran le matin et on revenait à l’hôtel quand il en avait assez (au milieu de l’après-midi en général) et curieusement, ses frères et sa sœur en avait assez à peu près en même temps à chaque fois!
Tout réserver, mais rester flexible
C’est un must quand on va à Disney : on réserve les restaurants 180 jours à l’avance, les FastPast 60 jours avant le départ, on sait dans quel parc on sera chaque jour, tout est planifié au quart de tour. C’est merveilleux parce qu’on s’assure de pouvoir faire 3 manèges par jour sans avoir à attendre pendant une heure. Quand on arrive au restaurant, la table nous attend.
Cela dit, ça peut être un couteau à double tranchant : mini ressent à tout coup notre impatience quand on veut éviter d’être en retard et il s’oppose systématiquement. Bien sûr, on a planifié dans quel parc nous serions, on avait fait des réservations et tout le tra-la-la, mais une fois sur place, on s’est laissé guidé par l’humeur de mini… et des trois autres enfants aussi, c’est juste que lui, il le verbalise haut et fort quand il en a marre! Il avait envie de retourner à l’hôtel pour se baigner alors qu’il nous restait une FastPast à 16h? Eh bien tant pis pour la FastPast!
Laisser tomber les soupers table
Quand je fouinais les blogues et pages Facebook des pros de Disney, on y parlait beaucoup des meilleurs endroits où manger, d’utiliser les repas table au souper parce que les menus sont plus intéressants, et qu’au niveau monétaire, ça en valait plus la peine. La journée de notre arrivée, nous avons réalisé qu’on n’aurait pas dû écouter ces conseils : notre mini est beaucoup plus patient le matin, plus souriant alors que le soir, un rien le fâche et il n’y a rien à faire pour lui redonner le sourire. On a donc décidé d’annuler tous nos soupers tables prévus et de les mettre le midi! Ça été notre meilleure décision du voyage! On a choisi des restaurants qu’il allait assurément aimer soit par le décor (le T-Rex et le Rain Forest Café) ou par les personnages qui y seraient présents (le Crystal Palace). Nous avons souper au restaurant de l’hôtel tous les soirs au grand bonheur des enfants qui ont adoré le menu, mais surtout le plaisir d’aller chercher ce qu’ils voulaient!
Je sais que tout ça va à l’encontre de la philosophie des maniaques de Disney, ceux-ci auraient peut-être l’impression de ne pas profiter du voyage pleinement en le faisant de cette façon, mais quand on y va avec un enfant qui a des besoins différents, c’est, à mon humble avis, la meilleure façon de rendre le voyage magique!
Nous sommes revenus depuis 4 mois et pourtant, je me souviens encore de sortir de l’aéroport de Fredericton en disant à mes enfants à quel point j’avais fait un beau voyage!











