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28 avril 2014

Histoire de nombrilisme

Par où commencer mon histoire?  J'imagine que le commencement serait approprié mais à vrai dire, je ne sais trop quand tout ça a commencé!  Un jour, j'ai réalisé que mon nombril n'était plus ce qu'il était, qu'il n'était plus aussi gracieux (si un nombril peut être gracieux bien entendu!) mais je croyais que c'était relié à la grossesse qui était en cours.  Si mon souvenir est bon, c'était ma 3e grossesse.  Mon ventre était énorme dû à la présence de 2 petits oiseaux alors je n'y avais pas trop prêté attention, je me disais que mon nombril allait reprendre une apparence presque acceptable une fois le moment de la délivrance arrivé.  Bébé, allaitement, douzaine de couches par jour, je n'ai pas eu le temps de me regarder le nombril (notez le délicieux jeu de mots!) pendant quelques mois et avant même que je n'aie eu le temps de prendre une grande respiration, un petit papillon avait déjà fait son cocon dans mon ventre... juste derrière mon nombril qui avait pris une tournure plutôt impressionnante!  Ce n'est qu'une fois le bébé sorti que je me suis rendue à l'évidence: j'avais bel et bien un nouvel ami qui s'était joint à mon nombril: un hernie!

La ronde des médecins a débuté: médecin de famille, vu en urgence parce que j'ai l'impression que je vais me retrouver avec un trou béant au nombril si le tout éclate pendant les vacances, qui me dit que ce doit bien être un hernie (oui, bon, je m'en doutais, mais je fais quoi avec ça?) mais que je ne vais pas en mourir.  Fiou, ça me rassure!  

Médecin spécialiste qui confirme que c'est bel et bien un hernie et que je dois me faire opérer rapidement.  Rien de majeur, 2-3 jours d'hospitalisation.  "Comment 2-3 jours? Ça ne peut pas être pire qu'une césarienne?  J'en ai 4 à mon actif et les 2 dernières m'ont valu tout au plus 30 heures à l'hôpital." lui dis-je.

- C'est beaucoup plus douloureux qu'une césarienne madame et il faut attendre que la vessie daigne reprendre du service ce qui peut être long, de me répondre celui qui ne peut pas répondre à mes questions concernant l'allaitement de mon petit bout pendant l'hospitalisation compte-tenu de l'anesthésie.  Tout pour me mettre en confiance!

Discussion avec ma soeur qui a subit la même chirurgie qui me dit que ce n'est rien à côté d'une césarienne.

Re-visite chez mon médecin de famille qui ne comprend pas pourquoi ça ne se fait pas en ambulatoire mais qui me propose d'attendre le sevrège de bébé.

Re-visite du médecin spécialiste qui me fait peur en me parlant des complications possibles si j'attends trop, moi qui lui fais clairement comprendre que je ne resterai pas plus plus d'une nuit pour finalement conclure une entente: celle de remplir les papiers d'admission et d'appeler quand je serai prête.

Finalement, quelques mois plus tard, bébé a décidé de bouder le sein, maman a décidé de prendre rendez-vous pour la chirurgie et c'est finalement jeudi passé que j'ai été admise.  Si ça été simple pour l'homme de s'absenter une dizaine de jours, ça a demandé bien de l'organisation pour maman de partir une nuit.  Organiser la garde des enfants pour la journée, aviser l'enseignante que papa ne serait peut-être pas de retour pour la rencontre de parents à 15h, préparer des repas congelés pour la durée de mon départ et les premiers jours de convalescence (je sais que l'homme cuisine mieux que moi, je parle ici de quand il allait retourner au travail), gérer mon retour à la maison avec celui du plus vieux qui termine l'école à midi le vendredi, penser à une solution pour le cours de natation du samedi ne pouvant pas rester avec bébé seule... enfin, j'avais tellement de choses à penser que j'en ai presque oublié la chirurgie!

Nous voilà donc jeudi matin, 5h45, à déposer les enfants à la garderie entre 2 sanglots de maman convaincue qu'elle ne les reverra jamais!  Admission, bracelet, jaquette, électrocardiogramme (l'anesthésiste n'a pas compris le pourquoi de ce test d'ailleurs!) et c'est en larmes que j'ai quitté mon homme en direction de la salle d'opération.  Heureusement qu'ils m'ont endormie presque tout de suite parce que je pense que j'aurais pris mes pantouffles en papier et je serais retournée à la maison!  Je suis habituée à la sensation de la rachienne: le point dans le dos, le froid qui se répend rapidement, la lourdeur qui s'installe dans les jambes, la perte de contrôle du bas du corps avant même d'être couchée sur le dos tout en ayant pleinement conscience de tout ce qui se passe autour.  Mettre des heures avant de récupérer ce contrôle de soi.

C'était toutefois ma première expérience en anesthésie générale.  Complètement autre chose: se demander si l'anesthésie va vraiment fonctionner, si on doit lutter, si on doit fermer les yeux ou attendre qu'ils se ferment seuls... et se réveiller avant même d'avoir pris ces décisions comme si on avait à peine cligner des yeux.  Avoir le plein contrôle de soi... mis à part la limitation imposée par le soluté, la sonde urinaire et l'infirmière qui me somme de rester couchée pendant 12h!

C'est avec 10 petits trous dans mon ventre que je me suis réveillée!  C'est pas mêlant, on dirait que j'ai été criblée de balles!  Parce que mon charmant chirurgien en a profité pour faire une inspection en règle de mon ventre: dystasie des grands droits, gracieuseté des jumeaux (bon, ça je savais déjà et il n'y a rien à faire, c'est purement esthétique!) et mon ami l'hernie qui s'était invité un compagnon près de ma cicatrice de césarienne, j'ai donc eu droit à un 2 pour 1!  En prime, le chirurgien m'a fait cadeau d'une charmante gaine pour me draper le ventre bien serré pendant un mois.  Quoique ça me plaît bien: ça me fait plutôt un beau profil! 

Et là, vous vous demandez si j'ai gagné mon point?   J'ai une espèce de phobie de l'hôpital et je suis une patiente plutôt désagréable sur ce point à constamment demander quand je pourrai enfin lever les pattes mais je le jure, je suis une patiente exemplaire quant au respect des consignes pour un rétablissement en règle.   Dès les fils enlevées le lendemain matin, j'étais habillée en train de faire des allées-retours à la cuisine pour remplir mon verre d'eau histoire de forcer ma vessie à collaborer.  C'est ainsi que j'ai bu plus de 2 litres d'eau en moins de 2h et que j'ai pu avoir mon congé à 11h30 vendredi matin!  À défaut de revenir avec mes amis hernies, voici ceux que j'ai ramenés pour m'aider à faire la transition, avant d'être complètement laissé à moi-même:

anti-douleur

 

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