Billet du lundi solidaire...
Je ne pouvais pas ne pas écrire sur le sujet. Même si ça me semble loin tout ça, même si je ne connaissais personne de passage là-bas, un frisson m'a parcouru le dos quand j'ai ouvert la télévision vendredi soir. Je me disais que ça ne se pouvait pas, que c'était une blague pour souligner le fait que nous étions vendredi 13. C'est en faisant défiler les chaînes les unes après les autres que j'ai compris que c'était non seulement bien réel mais surtout en direct. Habituellement, je suis capable de me mettre à la place des gens qui commettent des crimes isolés, de comprendre ce qui peut les avoir pousser à en arriver là sans les excuser et encore moins être compatissante mais j'arrive à comprendre le cheminement mental et imaginer ce qui a pu provoquer ce geste, cette déconnexion.
Mais cette fois, je n'y arrive pas. Je ne comprends pas. Je ne peux pas comprendre le cheminement ni l'intention derrière tout ça. Je ne comprends pas que personne, dans le groupe, ne se soit levé pour dire: "hey gang, c'est peut-être pas la meilleure solution? Si on essayait autre chose de moins drastique?" Je ne comprends pas qu'on puisse avoir envie de mourir en tuant des innocents, pour... pour... pourquoi d'ailleurs?
D'un autre côté, ça me rend fière. Fière de voir cette solidarité à l'échelle quasiment mondiale depuis vendredi. De voir les élans d'amour que ce soit La Marseilleise jouée au Centre Bell et à New York ou encore l'Opéra de Sydney coloré, Moscou, Londres, Shangai, Mexico, partout on rend hommage parce que ce qui s'est produit à Paris aurait pu se produire n'importe où ailleurs. Au-delà de cette solidarité politique, il y a une solidarité individuelle: mon fil facebook est coloré de bleu-blanc-rouge depuis samedi matin.
Mais il me reste une crainte. La crainte de voir des extrémistes s'organiser de ce côté-ci de la ligne aussi mettant tous les islamistes, tous les Syriens, tous les migrants dans le même bateau des méchants et qui sont tous aussi dangereux que ceux qu'ils combattent en refusant de tendre la main à ceux qui fuient se radicalisme et qui en mourreront. Est-ce que leur mort sera moins grave que les 129 faites à Paris?
Et puis là, il y a ceux qui crient haut et fort: mais pourquoi en parler autant alors qu'on tait ce qui se passe ailleurs dans le monde? Faux, on en entend parler, peu, certes, parce qu'il n'est pas toujours aussi facile de déployer des journalistes pour en faire la couverture. Parce que personnellement, je n'ai pas envie qu'on mette la vie des journalistes en danger juste pour nous faire réaliser l'atrocité du monde, là où ce genre de drame se produit au quotidien depuis des mois, des années. Est-ce que les 129 décès de vendredi valent moins parce qu'ailleurs c'est pire?








