Homo... quoi?
Aujourd'hui, 17 mai, c'est la journée internationale contre l'homophobie et la transphobie et je trouve ça triste. Profondément triste. Triste qu'en 2016, nous devons encore faire de la sensibilisation sur le sujet. Certes, les choses ont bien évolué depuis quelques dizaines d'années, on est bien loin de l'acte criminel passible de prison ou même de mort pendant la première guerre mondiale mais il reste encore du chemin à faire.
Dimanche soir, j'ai regardé le gala des Oliviers comme une bonne partie de la population francophone. J'ai été témoin de quelque chose de grandiose, à la hauteur de la polémique du planait déjà avant même le début du gala mais ce n'est pas le sujet de ce billet. J'y ai vu un Charles Lafortune et un Éric Salvail faire des allusions et des blagues comme il en avait été question dans un autre gala il y a un an ou 2 sans pour autant que ce soit net et précis. Et puis j'ai vu un Martin Matte qui est monté sur la scène avec un commentaire magistrale. Je ne suis ni dans la tête de l'un, ni dans la tête de l'autre mais de mon côté, j'y ai vu la plus belle marque de respect et d'acceptation qu'il soit. Un commentaire qui voulait dire, à mes yeux: "tsé, on s'en doutait tous, et tu sais quoi, on est contents que tu sois heureux et le reste on s'en fout, c'est aussi banal pour nous que ton choix de cravate pour la soirée".
Depuis dimanche, je lis des réprimandes sévères à l'endroit de Martin Matte sur les réseaux sociaux, à grands coups de: "il ne fallait pas le dire devant tout le monde", "c'est son choix s'il ne voulait pas en parler", "ce n'était pas d'intéret public" et j'en passe. Je n'aime pas ça. Ça sonne: "pourquoi donc tu en as parlé, on aurait aimé mieux pas le savoir".
Ça n'aurait jamais dû être un secret au départ. Se sentir obligé de cacher une partie importante de sa vie personnelle pour éviter les regards, les injures, les jugements, parce que ça pourrait ne pas plaire, vivre avec la crainte que quelqu'un ne l'apprenne et l'étale en public, ce n'est pas une vie pour personne, peu importe ce qu'on essaie de garder précieusement et de ce fait, il était nécessaire de briser ce tabou une fois pour toute.
Quand j'ai vu la conjointe de Debbie Lynch-White dans le public des Dieux de la Danse, j'ai fait comme "eh bien coudonc!", le même "eh bien coudonc" que j'ai eu quand j'ai vu la nouvelle blonde de Guillaume Lemay-Thiverge. Le "eh bien coudonc" simplement contente de voir le bonheur des autres bien que ça ne me regarde pas tellement.
Je suis d'une génération où il a été sujet d'homosexualité sans gêne dès le primaire. D'une génération où les homosexuels ont commencé à parler de leur orientation différente de la majorité dès l'adolescence. D'une génération qui a compris que ça ne se développe pas avec l'âge et que ça ne s'attrape pas par contact. D'une génération pour qui ça fait partie de la description d'une personne, tout simplement, au même titre que la couleur des cheveux ou des études universitaires.
J'espère, dans un avenir pas trop lointain, que tous ces termes qui ne font que mettre une barrière entre les gens, finissent par disparaître. D'ailleurs, on ne parle pas d'homosexualité ni d'hétérosexualité chez nous, simplement de gens qui s'aiment peu importe le sexe.
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