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18 novembre 2016

Le socio-financement sur internet... too much?

Depuis quelques mois, ça pullule sur mon mur facebook. Go Found me, yoyomolo, haricots, kickstarter, La Ruche et j'en passe. Un grand ado qui ramasse des sous pour un voyage scolaire. Matante-chose qui amasse des fonds pour aider sa nièce de 2 ans qui a la leucémie. Monsieur-un-tel qui en ramasse pour les 3e voisins qui ont perdu leur maison dans un incendie. Machin-chouette qui a besoin de 5,000$ pour faire opérer un chien retrouvé à moitié mort qu'il veut sauver à tout prix, mais pas au prix de ses économies personnelles. Sans oublier les jeunes entrepreneurs, dans la vingtaine, qui veulent réaliser leurs grands projets dans un délai très court parce qu'ils n'ont pas de temps à perdre, surtout pas pour aller travailler le temps d'engranger ce dont ils ont besoin.

C'est facile, c'est rapide et ça évite toute la paperasse qui vient avec l'ouverture d'un fond spécial qui assure aux donateurs que l'argent est bien utilisé. Ça ne demande aucun engagement, aucun effort sinon celui d'en faire la pub sur les réseaux sociaux. Si je trouvais que c'était une belle idée au départ, quand on a épuisé toutes ses ressources, je me pose de plus en plus de questions sur le sérieux de la chose.

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Qu'est-ce qu'on faisait avant ce type de sites? 

Quand j'étais jeune, j'ai fait un voyage scolaire à Toronto. J'ai vendu des kilos et des kilos de chocolat à la famille, aux amis en échange de quelques explications sur le-dit voyage, sur sa pertinence et avec la promesse de leur montrer des photos au retour. Je me suis investie pendant 9 mois pour payer mon voyage, j'ai utilisé mon maigre salaire de gardiennage et mes parents ont sans doute contribué pour atteindre l'objectif final.

Dans les années 70-80, quand quelqu'un avait envie de se partir en affaire, il devait avoir une grande passion. Il devait croire en son projet au point d'y mettre toutes ses économies, d'emprunter dans différentes banques, de s'endetter pour de longues années.  Il grimpait les échelons un à un en réinvestissant chaque sous gagné pour atteindre son objectif ultime.

Avant, quand quelqu'un de proche perdait sa maison, il avait des assurances pour la reconstruire. Et en attendant que tout soit réglé, la croix-rouge donnait un coup de main, la famille était là avant même qu'on demande leur aide. C'était juste naturel de se serrer les coudes, d'offrir le gîte pendant quelques semaines.

Avant, quand un enfant était gravement malade, les parents utilisaient leurs économies jusqu'au dernier cent, les grands-parents n'hésitaient pas une seconde à offrir ce qu'ils avaient même si ça voulait dire de ré-hypothéquer la maison qu'ils venaient tout juste de finir de payer. Quand ce n'était pas suffisant, on organisait un grand souper spaghetti pour lequel la salle communautaire était prêtée gratuitement et l'épicerie du coin fournissait tout ce qui était nécessaire.

Des coups durs, tout le monde en vit, des plus petits, des plus gros, avec beaucoup ou très peu de moyen de les encaisser. Des projets de fous, on en a tous au moins un en banque. Je ne suis pas insensible, loin de là, mais parfois souvent, je me demande si nous sommes le seul couple à avoir envie de travailler pour ce qu'on a et à prévoir un tant soit peu l'imprévisible?

Ce n'est pourtant pas si compliqué: un bébé ça vient avec une souscription à une assurance-vie afin de lui payer des obsèques dignes de ce nom et de permettre aux parents de vivre leur deuil.  On ne le souhaite pas mais c'est la réalité, ça peut arriver.  Et quand on a le bonheur de ne pas avoir à utiliser cette assurance, ça fait un beau cadeau de vie d'adulte parce qu'on le sait, tout et n'importe quoi rend les gens non-assurables ou alors à un prix astronomique.  Une maison, ça vient avec une assurance qui couvrira en cas d'incendie, d'inondation, au même titre que l'assurance auto obligatoire.  Un prêt à long terme vient avec une assurance invalidité et décès pour permettre de pouvoir faire l'épicerie en cas de coup dur (oh que j'étais contente d'avoir pris l'option à 1$ par mois sur mon prêt étudiant quand j'en ai eu besoin!). Un projet, ça prend forme tranquillement, ça grandit au fil des accomplissements, ça se bâtit à la sueur de son front.

J'ai l'impression que de plus en plus de gens voient le socio-financement comme une première solution.  Ils ne prennent plus la peine de planifier, ils n'ont plus l'orgueil de chercher des solutions eux-mêmes, ils s'attendent à ce que les autres règlent leurs problèmes financiers d'un seul clic.  La quantité fulgurante et ridicule de demandes noient complètement celles qui auraient vraiment lieu d'être, parce que oui, je crois que certaines personnes ont épuisé leurs ressources et en ont vraiment besoin de ce dernier recours, mais malheureusement, leur cri du coeur passe inaperçu. 

Tenez-vous le pour dit : jamais vous ne verrez un petit icône pour offrir quelques dollars en échange de la lecture de mes billets et ce, même si mon rêve le plus fou, c'est d'un jour pouvoir vivre de ma plume. 

 

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