Être juste bien…
Je me sens si bien. Pas d’angoisse liée à la pandémie, non plus frustrée par les agissements de mes enfants, pas épuisée par le télétravail. Oh, je ne suis pas non euphorique ou exaltée, je suis juste bien!
Je sais que ça semble ironique avec la pandémie qui sévit, mais c’est pourtant la façon dont je me sens depuis quelques semaines. Depuis un mois, nous habitons notre 2e chez nous : notre chalet de l’Île-du-Prince-Édouard. Depuis un mois, je me dois d’avouer que la vie semble être de notre côté. Je ne sais pas ce qu’on a fait pour que les étoiles s’alignent, mais je le savoure pleinement.

Parce qu’il y a 3 ans, quand on a acheté ce bout de terre, ce n’était pas ce qu’on avait prévu. On avait plutôt l’intention de poser notre grosse Bertha à quelque part de façon permanente puisque la voiture se faisait vieille pour la traîner un peu partout plusieurs fois par été. Ce chalet, c’était le rêve qu’on caressait depuis plusieurs années, certes, mais qui devait se réaliser au moment de notre retraite ou peut-être un peu avant si nous étions chanceux.
Pourtant, il est arrivé sur un plateau d’argent : le chalet parfait, pas trop gros, pas trop vieux, pas trop cher, sur le bord de la mer, une belle plage de sable rouge à quelques pas, un endroit où on se sentirait en vacances. On a hésité sachant que pour les prochaines années, on ne pourrait pas y passer plus de 3 semaines d’affilées et quelques longues fins de semaine, mais on savait que ça ne repasserait pas de sitôt et qu’on l’aurait à notre retraite!

Si on nous avait dit, à ce moment-là, que 3 ans plus tard, on vivrait une pandémie mondiale, qu’on allait devoir travailler à la maison pendant des mois et qu’on pourrait donc venir s’y établir pour l’été… évidement je ne l’aurais pas cru! Je ne l’aurais même pas cru en février dernier, quelques semaines à peine avant que tout ça ne commence!
Contrairement aux 2 étés précédents, on a décidé de laisser à la maison la pression de devoir faire des activités à tout prix et de plutôt vivre au gré des vagues. On télétravail de temps en temps avec la vue sur la mer, on décide du moment où on ira à la plage en regardant l’horloge des marées, on explore des endroits qu’on n’avait encore jamais vu et les enfants sortent un jeu de carte ou leurs bébelles électroniques quand le cœur le leur dit.
Pour moi qui ai la charge mentale facile, je ne vous dis pas comment ce lieu m’est salutaire. Je me sens juste bien…








