"Chaton, mes clés sont dans ma voiture."
Voilà ce qui m'a tirée de mon sommeil ce matin. Oh non, il n'est pas venu me le susurrer doucement à l'oreille, il m'a plutôt appelé à 7h15 alors que toute la maisonnée dormait encore, congé scolaire causé par dame nature en colère oblige. Il était déjà au travail quand le-dit évènement s'est produit. Par je-ne-sais-trop-quel-tour-de-passe-passe, ses clés sont demeurées dans sa voiture, les portes barrées bien évidemment.
"Bon matin à toi aussi mon amour. Et en quoi je peux t'être utile?" Lui ai-je répondu plutôt mécontente de ne pas pouvoir profiter du fait que bébé dormait encore profondément jusqu'à ce que la sonnerie du téléphone le réveil.
"Est-ce que tu pourrais venir me porter ton double de clé pour que je puisse débarrer la voiture?"
Parce qu'il a, sur ce trousseau, des clés essentielles, vitales, qui lui donnent accès à son outil de travail principal.
"Hum, oui sans doute. Laisse-moi le temps de réveiller les enfants et de les embarquer dans la van." Lui dis-je en tentant de me décoller les yeux et en enfilant mon jean.
"Est-ce que tu penses pouvoir arriver avant 8h?"
Eh oui, il a présentement un horaire serré à suivre qui ne lui permet aucun imprévu et a besoin de son outil de travail en main et sa petite personne en rang d'oignon avec les autres du même genre prêt à commencer la journée à 8h tapant faute d'une réprimande sévère.
"Compte-tenu du fait que les petites bêtes doivent faire leur pipi matinal, que je doive les habiller (on parle ici du manteau, pas le temps pour le superflu), que tu dois compter le double de temps pour que je me rende à ton travail puisque la route doit être terriblement glissante avec le mélange de neige, de pluie et de verglas tombés dans les 24 dernières heures, je vais faire de mon mieux en tentant de tous nous garder en vie."
C'est ainsi que le branle-bas de combat s'est amorcé de façon plutôt organisée et efficace... et mon enthousiaste s'est arrêté sur le pas de la porte, les bras pleins d'enfants, quand je me suis rendue compte que l'homme n'avait pas pris le temps de déglacer l'escalier, ni le pare-brise de la voiture familiale ni le bout de l'entrée avant de partir.
Fi-fille a descendu l'escalier sur les fesses, je me suis gelée les doigts à enlever les 5 cm de glace qui recouvraient le pare-brise et j'ai eu besoin de 3 élans pour sortir la voiture du stationnement. Fort heureusement, la route, sans être dégagée, était pas si mal pour se rendre jusqu'à destination ce qui m'a permis d'y être (je ne sais trop par quel miracle d'ailleurs) 10 minutes avant l'heure critique.
"Je suis tellement désolé mon amour, merci d'être venue."
Mon pauvre homme a eu droit, en guise de salutation, à un: "Si tu avais pris 10 minutes avant de partir pour déglacer pour que je puisse sortir en cas d'urgence, tu aurais déjà tes clés en main. Bonne journée."
Et c'est ainsi que j'ai repris le chemin de la maison, non sans être restée prise dans le stationnement de son travail qui n'avait pas été déneigé.







