Je pars en vacances, dans ma roulotte j'apporte... un gros pot de lâcher-prise!
Nous ne sommes pas très sud ou outre-mer mais nous sommes des adeptes de camping depuis toujours! Nous avons commencé par la petite tente à deux quand nous n'étions encore que des tourtereaux pouvant très bien se contenter d'amour et d'eau fraîche... et de toilettes idéalement juste à côté de la tente. Toutefois, nous avons justement eu notre lot de précipitations. Nous avions beau tenter de prévoir et surveiller la petite fenêtre d'ouverture que nous promettait météo-média, chaque fois, il pleuvait à boire debout à un moment ou l'autre de notre séjour et presque inévitablement celui où on devait dégonfler le matelas, plier la tente et tout rentrer dans notre petite voiture.
Avec l'arrivée de notre petite bête numéro 1, on a compris que nous n'aimerions plus jamais le camping (je parle pour moi) sans un peu plus de confort. Nous sommes passés au modèle tente roulante... à ne pas confondre avec la tente roulotte qui possède un toit rigide et un minimum de technologie pour l'ouvrir et la fermer (lire ici : une manivelle) et qui était fichtrement trop lourde à trimballer pour notre voiture. Après 2 saisons, l'homme en a eu assez de devoir la plier et la déplier un million de fois (eh oui toujours la pluie!) pour la faire sécher, la remplir, la vider et juste pour le plaisir de la voir ouverte ou fermée. Et moi j'en avais assez de courir les toilettes en pleine nuit, de devoir partager la douche avec un régiment d'araignées le matin.
C'est là que notre grosse Bertha est entrée dans notre vie! Bon, pas si grosse mais nous adorons ses 21 pieds de bonheur quand il pleut, l'air climatisée quand le vent ne peut pas passer par les fenêtres tellement il fait chaud, le chauffage pour étirer un peu plus la saison de camping d'un côté comme de l'autre mais surtout, la salle de bain minuscule mais tellement appréciée avec 4 petites bêtes qui ont envie de pipi là, maintenant, tout de suite et qui se remplissent le maillot de sable à la plage!
Mais attention, nous ne sommes pas des campingneux qui restent sur leur petit bout de gazon pendant 5 jours. On l'apporte avec nous, tels des escargots qui transportent leur maison, là où on pourra visiter, explorer, découvrir et vivre de belles expériences en famille.
Cette fois, après bien des refus (cette idée de s'y prendre seulement 4 jours à l'avance pour réserver lors de la grande fin de semaine de la fête du Canada qui correspond aussi à la première fin de semaine de vacances de bien des gens), nous avons finalement trouvé une petite place disponible au camping Cap-Lumière.... à Cap-Lumière. Pour ceux qui, comme nous au départ, n'ont aucune espèce d'idée d'où c'est, disons que c'est à l'Est du Nouveau-Brunswick, près de Richibouctou et qu'on ne peut pas y atterrir à moins de l'avoir vraiment voulu puisque la route mène à un cul-de-sac. za Oh que je suis contente d'avoir essuyé quelques refus parce que nous avons passé l'une des plus belles fins de semaine de camping de notre courte carrière.
Je vous ai déjà glissé un mot des splendeurs de la place ici. Les gens qu'on y a rencontré étaient tellement sympathiques. Ce doit être un pré-requis pour avoir le droit de s'établir là-bas. Que dire des propriétaires du camping? Ou du moins du beau-frère touche-à-tout qui y campe et qui aime donner un coup de main un peu partout! Il s'est assuré de notre confort du début à la fin! Je n'ai jamais vu quelqu'un s'inquiéter de la qualité de notre sommeil dès le premier matin ni de la quantité de moustiques à la fin d'un séjour. Toutefois, je soupçonne son terrain d'être une espèce de fosse à chapeaux d'enfant. Dès la première journée nous avons cherché le chapeau de fi-fille en vain... sans doute oublié à la maison on s'est résignés à lui en acheter un sur place au plus vite avant de partir pour notre premier périple à la plage. Idée tout à fait logique mais plus facile à dire qu'à faire dans un petit village un dimanche après-midi! Après plusieurs tentatives, j'ai finalement trouvé un bandana du Canada... c'était ça ou Harley Davidson. Tant pis, on est patriotique ou on ne l'est pas! J'en ai profité pour repartir du magasin avec un tube de dentifrice... l'homme ayant apporté deux tubes pour enfant par inadvertance... ou parce qu'il avait une envie de gomme balloune! Le lendemain c'est le chapeau de bébé qu'on a cherché partout pendant longtemps avant de le retrouver dans le bac de jouets d'extérieur. C'est qu'il préfère nettement les casques de vélo aux chapeaux légers. Et la même journée, alors que tout le monde était fin prêt à partir pour un deuxième après-midi les pieds dans le sable, la crème solaire déjà badigeonnée sur tous, c'est la casquette de mini qui a mystérieusement disparue pendant 15 minutes, le temps de mettre la voiture sans dessus dessous, de fouiller la grosse Bertha de fond en comble, d'avoir été vérifier au parc pour finalement la retrouver... sur le banc de la table à pique-nique juste sous nos yeux.
Je vous ai dit qu'en camping, on essaie de lâcher prise? On en profite pour donner de la corde aux enfants puisqu'on ne peut pas vraiment le faire à la maison (campagne avec route à 80km/h... on évite de les laisser faire du vélo seuls!) mais ça nous apporte bien des surprises avec un mini un brin trop sociable qui adore jaser avec tout un chacun. On peut le retrouver sur les marches d'un immense motorisé (il était allé faire une promenade à vélo avec sa sœur mais il lui a faussé compagnie ayant trouvé mieux à faire) à jaser avec le propriétaire du pourquoi il a une si grosse roulotte alors que la nôtre est minuscule ou encore à se lier d'amitié avec le voisin en pleine crise d'adolescence et de rébellion parentale qui accepte pourtant de lui apprendre patiemment à jouer à la cross.
Lâcher-prise j'ai dit? Oh que oui, plus que jamais!











