Plan B... si on pouvait revenir en arrière
Un des moments que j'apprécie le plus pendant la semaine, celui qui m'appartient, c'est le moment où je plie les 3 ou 4 brassées de linge. C'est qu'avec le temps, j'ai fait de cette corvée un moment agréable: je prends possession de mes paniers, je m'enferme dans ma chambre, je m'installe au centre de mon lit, j'allume la petite télévision cachée dans mon garde-robe et je démarre une série. Les enfants le savent: quand maman plie le linge, on ne l'a dérange pas, c'est sacré.
L'autre jour, je n'avais plus rien à écouter alors j'ai fouiné le "sur-demande" de ma compagnie de télévision. Je suis tombée sur Plan B, la série de Louis Morissette. J'avais vu la publicité plusieurs fois, ça me semblait prometteur et j'étais curieuse de la regarder.
J'ai donc démarré le premier épisode... et j'ai écouté les 6 que comporte la série en moins de 48h!
C'est dire à quel point j'ai aimé! Bien loin de ce dont on est habitué de l'auteur. Rien de drôle, complètement dans la réflexion.

Pour en faire un court résumé, disons que la vie du personnage principal ne se passe pas comme il le voudrait : sa conjointe décide de le laisser. En cherchant dans le bottin, il trouve l'annonce d'une agence de voyage qui propose de remonter le temps pour échapper aux problèmes. Il demande donc de retourner à la veille pour changer quelques actions et faire en sorte que sa femme reste. Ça se produit, il évite la rupture mais ce n'est qu'une illusion parce que plusieurs jours plus tard, il réalise que la source du problème datait de plus longtemps et les répercussions sont encore plus grande. Il demande donc de retourner encore plus loin dans le temps... et ainsi de suite.
Je n'ai pas pu m'empêcher de faire le parallèle avec ma propre vie. Je me suis parfois demandé comment se serait terminé la grossesse des jumeaux si je n'avais pas fait un long voyage juste avant l'hématome, si j'avais pris de l'aspirine pour aider la dilatation des vaisseaux du cordon de Florance... mais je n'ai jamais poussé ma réflexion plus loin. Je savais que non seulement les "si" ne la ramèneraient pas mais ils pouvaient mener à bien pire. Si notre fille avait survécu jusqu'à 28 semaines, on aurait possiblement décidé de procéder à la césarienne, mais à quel prix? Est-ce que nous aurions 2 enfants atteints de paralysie cérébrale? Ou alors juste notre mini qui aurait mal toléré la naissance prématurée? Aurions-nous eu à faire deux deuils? Et quel aurait été l'impact de tout ceci sur notre couple, sur notre fils aîné qui aurait dû voir son frère et sa sœur si fragile?
Il est normal de jongler avec les « si » quand on vit un événement bouleversant, mais à un certain moment, il faut prendre conscience que les hypothèses ne garantissent aucunement que les choses auraient été meilleures si elles avaient été différentes.








