Mes billets doux

dimanche 14 mai 2017

Un billet pour toi, ma fille, pour la fête des mères

Ma belle fille d'amour, dans quelques heures, ce sera la fête des mères. Tu devrais voir l'excitation de tes frères et de ta sœur. Ça fait une semaine qu'ils me répètent sans arrêt que ça approche, qu'ils me demandent si j'ai hâte. Pour eux, c'est comme mon Noël à moi. Ils ont préparé des surprises, ils ont caché des bricolages qu'ils ont si hâte de me donner demain. Ils ont envie de me rendre heureuse.

Mais je n'ai pas le cœur à la fête. Depuis 6 ans, je donnerais tout pour effacer cette fête du calendrier. Pas que je n'aie pas envie de dire à ma propre mère à quel point je l'aime et qu'elle me manque, que j'ai hâte de la voir. Pas que je n'aie pas envie d'avoir une centaine de câlins et de colliers en macaronis. Je ne veux pas me passer de voir cette complicité entre ton papa et tes frères et sœur qui peinent à garder les secrets jusqu'au bout. Mais cette journée me rappelle sans cesse qu'il me manque une carte, un bricolage, un bisou, une frimousse toute excitée de me faire une surprise.

Quand mini m'a tourné autour mercredi pour m'offrir mon cadeau à l'avance parce que son professeur avait dit qu'il pouvait me le donner ce soir-là, je te l'avoue à toi, j'ai dû forcer mon sourire. Je te voyais, à côté de lui, avec tes longs cheveux roux bouclés et tes points de rousseur sur le nez, me tendant ta carte identique qui n'arrivera jamais.

Mais nous deux, nous avons une chance incroyable: la chance que tu aies un papa à qui tu manques autant qu'à moi sinon plus, la chance d'avoir des frères et une sœur qui t'aime à l'infini sans même avoir pu te connaître, la chance qu'ils aient accepté, tous, de te laisser une place dans notre vie et qui la soulignent à leur manière, surtout à la fête des mères.

Aujourd'hui, ma belle Florance, c'est la fête des mères, c'est la fête de la mère que je suis grâce à mes 3 garçons, à ma fifille mais aussi grâce à toi parce que chacun d'entre vous 5, vous faites de moi la maman que je suis. Eux, je pourrai leur dire toute la journée à quel point je les aime mais toi, tu devras te contenter de ce billet ma petite fille dans les étoiles.

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samedi 6 mai 2017

L'art dans toute sa splendeur

L'art, c'est comme les fromages fins (les fromages qui puent, comme disent mes enfants!) : le goût se développe au fil du temps. Pour certains, c'est plutôt rapide, pour d'autres, ça prend du temps! Dans les deux cas, j'ai longtemps cru que c'était réservé aux gens riches et célèbres. Que monsieur et madame tout le monde devaient se contenter des impressions en grande surface et de fromage cheddar!

C'est lorsque j'ai rencontré mon homme (qui l'a appris de son père) que j'ai compris que j'avais tors. Qu'on pouvait très bien terminer un repas du dimanche avec un fromage à pâte molle ou un cheddar vieillit. Qu'on pouvait très bien avoir une œuvre magnifique accrochée au salon sans payer des milliers de dollars.

Si mon goût des fromages a évolué rapidement, celui pour les arts ne s'est pas développé au même rythme. J'adore aller au musée, apprécier ce que je vois et le travail qu'il y a derrière mais je n'ai jamais ressenti le besoin d'accrocher un tableau fait par un vrai artiste dans mon salon. Celles des grandes surfaces sont tellement plus faciles à agencer au décor! J'ai d'ailleurs mis plusieurs années à trouver belles, pour vrai, les 2 peintures que mon beau-père nous a offertes. D'ailleurs, on en a une 3e dans une boîte qui n'a encore jamais trouvé d'endroit dans la maison.

Il y a 4 mois environ, j'ai eu mon premier coup de coeur pour une artiste. Une nouvelle collègue de travail. En me promenant sur facebook, j'ai découvert qu'elle était aquarelliste et j'ai vu sa série « Balles de laine ». J'ai eu une réaction physique que je n'avais encore jamais eu en regardant de l'art. Ça m'a fait pensé au coup de foudre que j'ai eu en voyant mon homme la première fois. Je ne saurais dire si se sont les balles de laine, les couleurs, les dispositions, mais je suis tombée amoureuse de son style ce qui est plutôt inusité parce que même si j'ai toujours su apprécier l'art, je n'ai jamais aimé l'aquarelle!

Je savais, qu'un jour, j'aurais une de ses œuvres chez moi mais je n'arrivais pas à visualiser où. Par contre, un jour que j'étais assise à mon bureau, je l'ai vu sur le mur près de la porte. Elle y serait magnifique et elle ajouterait tellement de vie dans notre petit cocon sans personnalité! J'ai commandé "Tricotées serrées" et je l'ai installée tout de suite.

tricotées serrées

Et puis, il y a deux semaines, j'ai eu un flash : nous avions refait la chambre de fi-fille il y a 2 semaines, j'avais tenté de peindre quelque chose de simple mais c'était horrible et j'avais simplement mis une carte de souhait dans un cadre pour agrémenter son coin lecture. J'ai demandé à Michelle si elle pouvait me faire quelque chose de personnalisé qui irait dans le style et avec les couleurs de sa chambre. Pour le reste, je lui ai donné carte blanche.  Je savais qu'elle releverait le défi et que je serais satisfaite.  J'étais loin de me douter que j'aurais un autre coup de coeur et que je l'aimerais à ce point!  C'est ainsi que j'ai maintenant un Michelle Desgagné dans ma maison!

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Mais ça ne s'arrête pas là : en ouvrant l'enveloppe contenant l'aquarelle de fi-fille, qu'elle ne fût pas ma surprise d'y découvrir, juste en dessous, une « balle de laine »! Je ne sais pas encore où elle ira, je vais la promener partout dans la maison jusqu'à ce que je trouve LE bon endroit pour l'accrocher mais je suis aux anges!

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Si le coeur vous en dit, allez fouiner sa page Facebook et sa boutique Etsy et retenez bien son nom parce qu'elle sera célèbre très bientôt: Michelle Desgagné!

mercredi 3 mai 2017

Lequel d'entre nous ne se brosse pas les dents?

Saviez-vous que dans une famille de 6, il y a une personne qui ne se brosse pas les dents? Est-ce toujours la même ou est-ce qu'il faut alterner chaque semaine ou chaque moi, j'imagine que c'est à la discrétion de chaque famille!

 À 6, ça en fait des choses autour du lavabo de la salle de bain pour assurer l'hygiène de base: 6 brosses à dents, 2 sortes de pâte à dent, la soie dentaire, le rince bouche des enfants, celui des plus grands, le verre et le savon. J'avais pu trouver une façon de les regrouper mais il semblait y avoir encore trop de choses sur le lavabo et les enlever pour nettoyer le comptoir prenait une éternité et quelque chose se ramasser inévitablement sur le plancher.

Il y a quelques semaines, j'en ai eu marre et je me suis mise à chercher un support à brosse à dents. Un support qui pourrait en contenir 6, avec des trous plutôt gros parce que les brosses à dent des enfants ont parfois un bout plus gros et qui serait joli pour ajouter un petit punch dans la salle de bain. J'ai fouillé dans tous les coins d'internet, j'en ai trouvé des magnifiques pour 4 brosses à dents, des super pratiques pour 5 brosses à dents, j'en ai vu pour 8 ou 10 (pour une garderie j'imagine!) mais rien à mon goût qui pouvait contenir 6 brosses à dents… curieux non?

J'en ai conclue que soit nous étions une famille peu conventionnelle avec nos 4 petites bêtes ou alors qu'à 6, l'un de nous devait se sacrifier et cesser de se brosser les dents!

Puisque nous ne prévoyons ni vendre un des enfants ni cesser de se brosser les dents, il fallait que j'utilise mes talents créateurs pour trouver une solution et c'est là que j'ai trouvé, sur Pinterest, l'idée parfaite qui ne coûterait quasiment rien puisque nous avions tout à la maison pour la réaliser : des bocaux en verre de différentes tailles, peints et bricolés pour accommoder tout ce dont nous avions besoin dans la salle de bain! En prime, le rince bouche pour adulte est maintenant complètement esthétique (celui des enfants est dorénavant dans leur salle de bain!) et j'ai pu ajouter une aloès sur le comptoir! Pour nettoyer le comptoir, il suffit d'enlever les 2 porte-accessoires, de passer un linge et le tour est joué!

Et voilà!

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dimanche 30 avril 2017

Thomas ou les signes de la vie!

Parfois, la vie est drôlement faite.  Elle nous envoie des signes exactement au moment où on en a besoin pour continuer d'avancer. 

Tout débute, la semaine dernière, samedi matin. Nous venions de nous lever, nous nous préparions parce que c'était un grand jour pour notre fi-fille. Elle s'apprêtait à aller recevoir le sacrement de la réconciliation qui sera suivi de sa première communion la semaine prochaine. L'idée m'est venue de ressortir ma chaîne et de la porter ce matin-là. Il s'agit d'un médaillon représentant une maman qui tient son enfant dans ses bras. Un petit médaillon en argent acheté lorsque Florance a mis ses ailes pour la sentir près de moi quand elle quitterait mon ventre. Je l'avais porté quotidiennement les 2 premières années mais un jour, la chaîne s'est brisée et bien que je l'aie remplacée par une vieille chaîne en or que je possédais, j'avais trop peur de la perdre et je la réservais pour les occasions spéciales. Ce matin-là, je l'ai passée dans mon cou et j'ai fait une grimace devant le miroir : un médaille argenté sur une chaîne en or, ça ne fonctionne juste pas! Fi-fille, qui me regardait, m'a fait remarquer que l'homme avait une chaîne que je pourrais utiliser. Une chaîne en argent, solide, qui faisait tomber le pendentif exactement là où je le voulais.

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Je suis donc partie pour l'Église avec le pendentif de Florance au cou. En attendant que la petite cérémonie ne débute, de la musique jouait. J'ai réalisé que c'était de la musique païenne, ce qui est plutôt inhabituel dans une Église catholique. En tendant l'oreille, j'ai réalisé que c'était la chanson que nous avions choisie pour notre première danse lors de notre mariage. Une vieille chanson de John Denver : Annie's song. J'ai donné un coup de coude à mon homme pour le lui faire remarquer et ça l'a fait sourire.

Quand nous sommes revenus à la maison, mon homme m'a mentionné que curieusement, 2 ou 3 jours plus tôt, quelqu'un lui avait demandé quel était le moment où il avait été le plus heureux et il avait mentionné que c'était le jour de notre mariage. Plus particulièrement lors de notre première danse. Wow! Déjà qu'à l'Église j'y avais vu un signe, c'était maintenant troublant.

Le lendemain, dimanche, je suis allée à l'Église avec l'aîné et fi-fille puisque celui-ci se prépare à faire sa confirmation et les rencontres se déroulent après la messe du dimanche. Quelle ne fût pas ma surprise d'entendre l'aumônier lire le passage de l'Évangile qui parle de Thomas qui avait eu besoin de voir et de toucher les marques pour croire en la résurrection de Jésus. Thomas, l'incrédule, qui ne voyait pas les signes, qui avait besoin de quelque chose de visible, de tangible, de logique pour croire. Quel drôle de moment pour me rappeler son histoire, moi qui me demandait si j'étais folle de voir tant de signes qui me semblait envoyé par Florance.  Curieusement, lorsque j'étais enceinte des jumeaux et que ma grand-mère a su que nous voulions appeler notre fille du même prénom qu'elle, elle en a été grandement touchée et m'avait demandé de nommer son jumeau Thomas.  C'était le 2e prénom de mon grand-père, elle aurait aimé que mon fils le porte d'une façon ou d'une autre. 

Parfois, il n'y a juste pas d'explication. Parfois, les signes sont trop grands, trop nombreux, pour n'être que des coïncidences. Parfois, je mets mon côté « Thomas » de côté et ça me fait plaisir de croire que ma fille m'envoie des câlins à sa façon.

mardi 18 avril 2017

Ces moments-là où la montagne est trop haute...

Ce moment où, comme maman, comme épouse, comme femme, tout va de travers. Quand la tribu a passé trop de temps ensemble et qu'entendre l'autre respirer est suffisant pour faire monter leur colère. Quand ils tournent en rond disant, pour la 163e fois de la journée, qu'il n'y a rien à faire... et qu'il est à peine 13h. Quand tu as l'impression que leur seul but dans la vie est de se promener dans la maison en secouant leurs bottes pleines de sable en se faisant un chemin en jouets, à l'image du Petit Poucet.

Quand tu regardes dehors, que tu vois le terrain plein de feuilles, les plates-bandes remplies de tiges sèches, les roches parsemées par la souffleuse dans le gazon, le jardin bien compact, les pommes qui pourrissent dans leurs feuilles sous les arbres, les buissons envahissants qui ont gagné beaucoup trop de terrain, les planches du patio qui sont molles ou carrément pourries par endroit, la peinture qui a disparue de la surface du patio et de la galerie... et que tu constates que de n'avoir rien fait à l'automne ne fait qu'augmenter les tâches à accomplir au printemps.

Quand tu soupires en te disant qu'il faudrait finir les rénovations de la cuisine un jour, que l'isolation et le revêtement extérieur de la maison doivent être faits cet été, le toit temporaire de la galerie qui doit devenir permanent ainsi que les gouttières inexistantes parce que remises chaque année depuis 10 ans.

Parce qu'on a tous ces moments où le petit vallon a l'air de l'Everest, où les banalités nous semblent des tragédies. Dans ces moments-là, la seule envie qu'on a, c'est de se rouler en boule dans son lit, se blottir dans les bras de son homme, être sourde aux cris des enfants et attendre que ça passe...

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mercredi 12 avril 2017

Réseau social loin d'être virtuel...

Si j'avais un seul qualificatif à utiliser pour me décrire, je choisirais « indépendante ». J'ai quitté la maison familiale à 17 ans pour aller au cégep en ne revenant que les fins de semaine et pendant l'été pour travailler. Je suis partie habiter chez ma sœur, dans la grande ville, à 19 ans. Quelques mois plus tard, je partais en appartement avec mon amoureux (qui est devenu mon mari) et j'ai volé de mes propres ailes. Je ne suis plus retournée chez mes parents que pour les visiter deux ou trois fois par année au départ, puis à Noël seulement, et maintenant que nous sommes dans la province voisine, j'y retourne aux deux ans.

Même si je pense à ma famille tous les jours, on ne s'appelle pas chaque semaine. Je ne suis pas une « appeleuse ». Par contre, on se donne des nouvelles par facebook, on s'envoie des photos, on se raconte nos anecdotes par messages privés, les enfants se parlent par facetime presque chaque jour. Vive la technologie!

Mais à certains moments, j'envie les gens qui ont la chance de vivre leur vie d'adulte dans le patelin de leur enfance. Je jalouse secrètement mes amis qui peuvent aller souper, un dimanche de temps en temps, chez leurs parents. Ce soutien familial à portée de main me manque.

Nous avons toutefois la chance de vivre entourés de gens dans la même situation que nous et même si on se lie plus difficilement d'amitié au fil des années sachant que c'est toujours à recommencer, les rares liens qu'on développe sont d'autant plus solides.

C'est ainsi que l'éducatrice de fiston (qui est devenue une amie) a eu accident et n'a pu trouver personne pour la remplacer pendant 2 jours. Puisque c'est plus calme au bureau, j'ai pu facilement prendre congé et j'ai offert à mon amie (et collègue!), dont les enfants fréquentent la même garderie, de m'amener ses cocos pendant ce temps parce qu'elle est toujours prête à m'aider quand j'ai besoin. Je l'ai également offert à notre éducatrice, qui s'est occupé, en plus du petit dernier, de mini et fi-fille pendant les journées de tempête cet hiver, de m'amener sa cocotte pour qu'elle puisse se reposer.

 Parce que ces gens, qu'on fait entrer dans notre vie, deviennent un peu comme notre famille le temps que nos chemins se croisent.

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lundi 10 avril 2017

Maman cane!

C'est exactement la façon dont je me sens depuis quelques semaines. Non pas que j'ai l'impression d'être suivie par 4 mignons petits canetons à la file indienne en permanence… enfin oui mais ce n'est pas ce qui m'importe présentement. C'est plutôt à cause de son allure calme, sereine, en contrôle qu'on peut observer quand elle est posée sur un plan d'eau. On a quasiment l'impression qu'elle profite doucement du soleil. Pourtant, quand on se met la tête sous l'eau, on peut voir ses 2 petites pa-pattes palmées pédaler à une vitesse impressionnante afin de garder le cap et éviter qu'elle ne dérive!

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C'est exactement moi depuis un peu plus de deux mois, au sens propre comme au figuré. Je suis plutôt silencieuse sur mon blogue, je ne décroche plus le téléphone, je refuse à peu près toutes les invitations; j'ai l'air de profiter de la vie et pourtant, mes pa-pattes se font aller au bureau comme jamais!

C'est qu'un certain dimanche de janvier, à l'heure du souper, j'ai reçu un coup de téléphone de ma chère amie. Juste à son ton de voix quand elle m'a dit : « salut, c'est moi. », je savais que quelque chose clochait. Elle venait de se fracturer la cheville, elle attendait de subir une chirurgie. Mon amie est aussi ma collègue de travail. Elle est la patronne qui travaille 5 jours par semaine, je suis son assistante qui travaille de façon variable pour suivre ses besoins. Nous formons une équipe du tonnerre! Ce soir-là, elle m'appelait pour me dire qu'elle ne serait pas au bureau le lendemain. Habituellement, je ne travaille pas les lundis, c'est ma journée bonbon avec mon petit dernier, tout comme les vendredis. Elle me demandait de garder le fort, parce qu'une de nous deux doit être au bureau en permanence, pensant revenir mardi ou, au plus tard, à la fin de la semaine.

Oh que cette semaine-là a été une vraie montagne russe! C'était la semaine la plus occupée de l'année au bureau, j'ai dû prendre plusieurs décisions importantes qui ne relèvent pas de moi en temps normal. Des décisions qui auraient un grand impact sur les autres et surtout sur ma collègue quand elle allait revenir. J'ai dû apprendre rapidement, m'occuper de la paperasse qui s'accumulait à une vitesse incroyable sur le coin de mon bureau, rester en soirée pour terminer des rapports, répondre à des courriels et des textos en mettant mon pyjama ou avant même de me lever du lit, mais surtout, je m'inquiétais pour mon amie. C'était il y a un peu plus de 11 semaines… mon amie a débuté son retour progressif au bureau il y a 2 semaines! Vous dire comment mes petites pa-pattes pédalent, j'ai sans doute des mollets d'enfer!

Mais aujourd'hui, c'est le retour à la vie normale : c'est mon premier lundi de congé depuis des lunes! Quoiqu'il est un peu forcé : c'est une journée pédagogique avec réunions de parents X3! Ça m'a fait bizarre de voir mon homme m'embrasser avant de partir tôt ce matin alors que c'est moi qui le laissait derrière avec la marmaille depuis un bout de temps! Je me suis sentie coupable, un instant, de faire la grasse matinée, de paresser au lit jusqu'à 9h40 pendant que les enfants écoutaient la télé.

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J'ai l'impression de peser 10lbs de moins : c'est la première fois, en 10 semaines, que je décroche complètement du bureau, que je ne ramène pas de travail à la maison pour la fin de semaine, que je ne ferme pas les yeux pour revoir mon grand tableau me disant que j'oubliais assurément quelque chose, que je n'envoie pas de courriel en panique, que je ne m'inquiète pas de regarder mes messages à 6h pour voir s'il y a une urgence.

Mais malgré le stress supplémentaire, malgré la charge de travail, malgré que j'aie eu l'impression d'être au bureau 24h/24 même quand j'étais à la maison, j'ai adoré mon expérience de patronne intérimaire! J'en ai appris beaucoup sur moi-même, sur ma capacité à relever les défis et à gérer l'imprévisible. Toutefois, c'est avec un immense plaisir que je recède sa place à ma belle amie et que je reprends officiellement ma chaise d'assistante!

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mardi 21 mars 2017

Si elle est un fantôme...

J'adore les mots d'enfants. J'aime qu'ils mettent en mots ce qu'ils ont dans la tête et dans le coeur.  J'ai la chance d'avoir des enfants à l'imagination débordante quand il s'agit de parler de concepts abstraits et qui n'ont pas de tabou.  Parfois, il en sort des discussions qui valent de l'or comme celle de ce matin:

Ma famille maternelle est une famille tricotée serrée. Évidemment, la distance a étiré certaines mailles, d'autres se sont défaites et refaites quelques fois mais nous sommes tous crochetés ensemble d'une façon ou d'une autre, les petits comme les grands. Chaque occasion de se rassembler est bonne.

Dans la cuisine, sur le rebord de la fenêtre, nous avons un petit cadre dans lequel il y a 12 pages pour qu'on puisse changer celle du dessus chaque mois. Sur chacune d'elle il y a un montage-photos des anniversaires des membres de ma famille maternelle. Les oncles, les tantes, les cousins, les cousines, les chums, les blondes, les enfants… Ce même cadre trône chez chacun pour qu'on puisse s'appeler, s'envoyer un petit mot ou juste avoir une pensée à nos anniversaires. 

 Tôt ce matin, ma fi-fille est venue se coiffer dans la salle de bain pendant que je me préparais aussi.

« Maman, tu sais qu'hier c'était la fête de mamie Florence? »

- Ah oui?

- Oui, je l'ai vue sur le calendrier dans la cuisine, sa fête est le 20 mars.

- Tu as bien raison, j'avais complètement oublié. Je suis certaine qu'elle ne nous en voudra pas qu'on pense à elle aujourd'hui même si son anniversaire était hier.

- Je le pense aussi. Tu sais maman, elle est très chanceuse parce que sa fête est la journée du printemps, c'est une belle journée ça.

- Tu as raison, elle doit être heureuse.

- Ça ne fait pas si longtemps qu'elle est morte, c'était en 2014, je l'ai vu sur le calendrier. Sur son étoile, elle doit être avec notre Florance et papi et ton grand-père et tous ceux qui sont morts, hein?

- Je pense que oui, elle doit assurément bercer notre Florance là-haut.

- Maman, on est déjà allé chez mamie Florence quand j'étais petite hein?

- Oui, nous y sommes allés. Tu te souviens, elle habitait avec B. et M.?

- Oui je me souviens, on s'était baigné dans la piscine et elle nous regardait sur son patio. Je pense que maintenant qu'elle est un fantôme, elle est sur son patio et elle regarde tous ceux qui vont se baigner dans sa piscine parce qu'elle aimait beaucoup ça.

 Et c'est là que mon coeur à fondu. D'aussi loin que je me souvienne, ma mamie aimait se baigner dans sa grande piscine creusée.  J'avais la chance d'habiter à côté de chez elle et j'y passais mes étés en sa compagnie.  Elle marchait de long en large de la partie moins profonde et se mouillait les épaules d'un coup sec en prenant soin de ne pas se mouiller les cheveux. Elle se badigeonnait ensuite d'huile pour bronzer qui sentait tellement bonne.  Elle y tenait à sa piscine. Rien n'aurait pu la convaincre de l'enlever de la cours malgré l'entretien que ça demande. Pas qu'elle aimait se baigner à ce point, mais elle aimait qu'on s'y rassemble, toute la famille. Chacun était le bienvenue quand bon lui semblait et pour lui faire plaisir, il suffisait de lui dire qu'on apporterait un steak à faire griller ou qu'on irait chercher des hot-dogs et des frites pour étirer le plaisir jusqu'à la brunante!  Comme ma fille, je suis convaincue que si elle retourne sur son étoile pendant l'hiver, elle doit assurément passer ses étés sur le patio, à regarder ceux qu'elle aime se baigner.

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Bonne anniversaire mamie, je t'envoie un énorme bisou, où que tu sois! 

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dimanche 19 février 2017

Naïveté envolée

Autour de moi, les femmes enceintes poussent comme de la mauvaise herbe. Des amies, des collègues, des connaissances, il y en a partout. Comme je m’ennuie de la maternité, ça me fait toujours plaisir de les entendre jaser de leurs petits bedons qui commencent à s’arrondir, de l’échographie imminente et des mouvements intra-utérins qui débutent. Un jour, la conversation a touché une corde que je ne croyais pas sensible. Une collègue qui a raconté son accouchement difficile qui a tourné en césarienne d’urgence, du papa en larmes qui venait de perdre son petit bébé alors que son conjoint attendait pour revêtir la tenue appropriée pour la rejoindre dans la salle d’opération. Une maman enceinte jusqu’aux oreilles avait tout entendu. Elle a voulu savoir quelles complications pouvaient bien arriver en fin de grossesse si près de l’accouchement.

J’ai pensé à toutes les mamans ayant perdu un bébé que j’ai croisées depuis quelques années. Certaines au tout début, d’autres en milieu de grossesse, plusieurs à la toute fin alors qu’elles pensaient que les dangers étaient écartés.  Je n’ai pas eu envie de lui expliquer. Parce que j’ai eu le bonheur de vivre 2 grossesses sans stress pendant lesquelles je n’aurais pas cru possible qu’on puisse perdre son bébé passé les 3 premiers mois, encore moins à terme. Il y a bien notre fi-fille qui nous a fait une frousse et pour qui on a eu besoin d’un suivi plus serré. Si les médecins avaient des craintes, ils se sont bien gardé de nous les partager.

Et puis il y a eu la grossesse des jumeaux durant laquelle nous sommes partis une vingtaine de fois de la maison, la peur au ventre de ne pas entendre ou  voir les petits cœurs de nos bébés jusqu’à cette journée où tout a basculé. Ce jour où nous avons vécu notre premier deuil, le deuil de notre fille. Et puis il a fallu poursuivre la grossesse. Quatre mois à angoisser à l’idée de perdre notre petit garçon. Le jour de l’accouchement, c’est avec la peur dans nos valises que nous sommes allés à la maternité.

Cette angoisse que notre petit homme ne pousse jamais son premier cri. Cette peur de repartir les bras vides. Une peur qui ne s’est pas avérée mais qui a été suivie du silence lourd de notre fille née sans bruit. On a passé les premières semaines de sa vie sur le bout des orteils surveillant sa respiration. On a passé une semaine d’enfer alors qu’il était hospitalisé pour une infection.

Et puis il y a eu cette 4e grossesse qui a été tout sauf sereine. Mais on le savait : plus jamais on aurait la naïveté de ces parents qui croient que ça n’arrive qu’aux autres. Parce que depuis 5 ans, nous sommes ces autres sur qui le malheur a frappé.

Je n’ai pas eu envie que cette maman au bedon rond perde cette naïveté. J’avais envie qu’elle garde ses lunettes roses et j’ai devancé celles qui s’apprêtaient à tout lui révéler avec un simple: « Tu n’as pas besoin de le savoir, ce qui pourrait arriver ne peut pas se prévoir de toute façon. »

naivete

Billet publié sur le blogue Parents Orphelins

lundi 13 février 2017

Je n'aurais jamais cru...

Jamais je n’aurais cru que ça allait m’arriver, pas à moi, pas à nous. En fait, je ne savais même pas que ça pouvait arriver aux autres non plus. J’avais l’idée naïve, cette pensée magique qu’une fois passé le premier trimestre, c’était dans la poche. Qu’au pire, on m’annoncerait que mon bébé était malade. Au pire, j’allais devoir cesser mes activités, rester alitée en profitant de chaque seconde de cette grossesse magique. Au pire, mes bébés allaient naître avant terme et mettraient plus de temps à rentrer à la maison. Jamais je n’aurais cru qu’un petit bébé, bien formé, avec ses dix doigts et ses dix orteils, un petit bébé que les médecins appellent « viable » pouvait cesser de vivre, bien protégé par le ventre de sa maman. Jamais je ne l’aurais cru parce que personne ne m’avait parlé de cette possibilité. Les quelques histoires entendues ici et là de la cousine de la voisine ressemblaient plus à des mythes qu’à des faits vécus.

Avec la grande nouvelle de notre bonheur en double est venu un « ne vous emballez pas trop vite, peut-être que… ». Mais nos petits oiseaux s’accrochaient contre vents et marées nous faisant espérer. Parce que c’est tout ce qui nous restait : l’espoir que « peut-être pas ». On a voulu nous raisonner, nous aider à nous faire à l’idée mais on a refusé. Notre devise était devenue « tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir ». On allait y faire face si ça devait arriver… mais ça n’arriverait pas. Nous allions déjouer leurs pronostics. Nous allions être l’exception qui allait donner espoir à ceux qui allaient le vivre après nous.

Et puis il y a eu la fatalité. On n’a pas eu à nous l’annoncer. En grands experts en échographie que nous étions, on l’a vu tout de suite. Un petit cœur inerte, un petit oiseau qui se laissait bercer par les vagues de son jumeau. 

On n’a pas eu d’autre choix que d’y croire. Non seulement c’était possible mais ça nous arrivait. À nous. Notre petite fille était décédée à 24 semaines de gestation. Une petite fille avec ses dix doigts, ses dix orteils et ses petites ailes fragiles toutes grandes déployées.

deuiljumeau

Billet publié sur le blogue Parents Orphelins