S'il y a bien une chose qui nous manque cruellement, tant dans notre vie de parents à la tête d'une famille nombreuse que d'employés consciencieux, c'est du temps.  On en manque tellement qu'on essaie de l'économiser comme on peut... trop souvent au prix de notre qualité de vie qui en prend un coup à chaque fois.

Combien de fois je me suis permis de dormir 10 minutes de plus pour mieux pousser mes enfants à grands coups de: "vite, vite, on va être en retard!" quelques minutes plus tard? Combien de fois j'ai fait semblant de ne pas voir les quelques cheveux sur le plancher de la salle de bain pour ensuite être obligée de me taper le ménage complet de la pièce, comme si ces quelques cheveux avaient invité mon homme à laisser ses poils de barbe dans le lavabo et les enfants à mettre de la pâte à dent sur le mur? Je m'exaspère moi-même, mais comment faire autrement entre nos horaires de travail variables, les enfants, leurs cours tantôt mercredi soir, tantôt dimanche après-midi, les réunions de parents et j'en passe?

On aimerait tellement sortir de la routine chaque fin de semaine, mais il y a toujours une marche d'escalier à réparer, le gazon à tondre, un genou de pantalon à racommoder qui nous ramènent à nos responsabilités.  C'est sans doute l'argument qui nous a convaincu d'investir dans l'achat d'un petit chalet: nous avions grand besoin de pouvoir s'éloigner de notre vie, de s'obliger à s'arrêter.

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Oh, je sais bien que les planificateurs financiers ne seront pas du même avis: "Un chalet, ce n'est pas un investissement, ma petite madame!" Ah, vraiment?  Deux jours au bord de la mer équivaut facilement à 4-5 séances chez le psy (120$/hr).  Le bruit des vagues me détend autant qu'une séance de yoga en studio (25$/cours).  Une fin de semaine sans réseau sans fil, ni tâches ménagères font économiser 2 ou 3 séances chez le massothérapeute (50$/séance).  Bref, en 2 ou 3 jours, j'économise plus de 600$ en amélioration de mon bien-être mental et physique ce qui est loin du prix de l'hypothèque.  Si ce n'est pas un investissement ça!

La première chose que j'ai faite en entrant dans notre chalet, c'est de décrocher l'horloge et d'installer ceci:

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Bon, c'est surtout parce que l'horloge n'était pas très jolie et je prévoyais trouver une alternative qui collerait plus à notre nouveau décor.  Après quelques jours sans cet objet pour régler notre quotidien, nous avons décidé, sans vraiment s'en rendre compte, de s'en laisser imprégner.  Au chalet, on mange quand on a faim, on met les enfants aux lits quand ils sont fatigués, on les suit quand nous le sommes aussi, on va se mettre les pieds dans le sable quand l'appel du large se fait entendre et ce, jusqu'à ce que nos estomacs crient famine. Les enfants font du vélo du levée au couchée du soleil et jouent sur leurs ibébelles quand ils ont besoin de leur bulle.  

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Après quelques fins de semaine de ce mode de vie zen, on réalise que nos instincts sont aussi précis qu'une horloge et que l'imagination de nos enfants a moins de limite lorsqu'ils sont loin du stress du quotidien.  L'homme a un peu plus de difficulté que nous à se détendre et à oublier les obligations, mais il y travaille fort!

C'est bien plus qu'un petit chalet au bord de la mer que nous nous sommes procuré, c'est un vent de lâcher-prise et une mer de petits bonheurs.  C'est un endroit où le temps n'existe plus et où l'on peut retourner autant qu'on en rescent le besoin. 

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